Napoléon Ier, 200 ans après avoir ceint la couronne de lauriers qui le faisait empereur le 2 décembre 1804 à Notre-Dame, connaît un nouveau sacre dans les musées de France qui commémorent en grand l’événement.
Aujourd’hui s’ouvre au Louvre une exposition autour du célèbre tableau Le sacre de Napoléon, immense huile sur toile peinte par David sur commande impériale, pour montrer l’importance politique et symbolique d’un acte, dont le précédent remontait à Charlemagne. Soit mille ans plus tôt.
Déjà, le musée Fesch d’Ajaccio avait évoqué le sacre lors d’une exposition, cet été, tandis que le Musée national de la marine présentait «Napoléon et la mer», et que le conseil général de la Vendée retraçait les «guerres et paix», comme les «reconstructions et héritages» de Bonaparte et Napoléon.
Depuis le 28 septembre, les «Trésors de la Fondation Napoléon. Dans l’intimité de la cour impériale» sont présentés au musée Jacquemart-André, à Paris, tandis qu’à Boulogne-Billancourt, la Bibliothèque Marmottan abrite une soixantaine d’œuvres consacrées aux «Clémences de Napoléon». Enfin, le Musée de l’armée présente les 40 planches du célèbre Livre du sacre, réédité par la Calcographie du Louvre, aux côtés de sa remarquable collection de souvenirs.
Mais le grand sacre des musées nationaux démarre cette semaine avec l’exposition du Louvre, et celle consacrée aux «Bijoux des deux Empires. 1804-1870. Mode et sentiment», au Musée des châteaux de Malmaison et Bois-Préau (Hauts-de-Seine).
Une autre salve sera tirée dans la dernière semaine du mois de novembre, quelques jours avant la date du bicentenaire d’un sacre très particulier, où Napoléon se fit lui-même empereur – une prérogative qui jusque-là revenait au souverain pontife – et couronna lui-même Joséphine.
Mort héroïquement
au Zoulouland
Au château de Compiègne (Oise), c’est l’histoire par deux fois tragique de la dynastie impériale qui sera évoquée dans «La pourpre et l’exil». Un rapprochement entre le destin de l’Aiglon, fils unique de Napoléon Ier et de l’impératrice Marie-Louise d’Autriche, emporté par la maladie à Vienne, à l’âge de 21 ans, et celui du prince impérial Eugène, fils de Napoléon III et d’Eugénie de Montijo, mort héroïquement au Zoulouland en 1879, âgé de 23 ans.
Le Musée du château de Fontainebleau (Seine-et-Marne) ouvrira un dossier-exposition sur «Le pape et l’empereur», retraçant la réception par Napoléon, le 25 novembre 1804, du pape Pie VII venu pour la cérémonie du sacre du 2 décembre.
Le château de Versailles n’est pas en reste, qui ouvrira à partir de novembre, à l’intention des publics scolaires, les magnifiques salles du Consulat et de l’Empire au rez-de-chaussée de l’aile du Midi. Une exposition, «Napoléon et Versailles», sera présentée à partir de la fin janvier.
Le Musée de l’histoire de France (Hôtel de Rohan) se livrera, quant à lui, à une exposition-test sur «Napoléon: de la propagande à la légende», tant il est vrai qu’il incarna «l’énergie», «l’ordre», «le peuple», «le génie français», ou l’«Antéchrist», un «Néron Corse», ou «un composé de vices et de méchancetés.»
Au-delà de ces manifestations temporaires, les musées nationaux souhaitent rappeler au public l’importance de leurs très riches collections permanentes liées à Napoléon, à l’histoire de son règne et de sa dynastie.
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