Après trois mois de doutes, la France devrait enfin savoir à quoi s’en tenir sur sa valeur, ce soir, en accueillant l’Irlande en match éliminatoire du Mondial 2006.
Avant l’été, la venue des Irlandais au Stade de France n’aurait pas constitué un événement digne de mobiliser l’arrière-banc des supporteurs français.
Mais, depuis l’élimination à l’Euro, bien des choses ont changé et pas seulement en raison des retraites internationales de Zinedine Zidane, Lilian Thuram, Bixente Lizarazu et Claude Makelele.
En pleine reconstruction, l’équipe de France tente de s’évaluer et au vu des trois dernières prestations – deux nuls à domicile contre la Bosnie et Israël et une petite victoire aux îles Féroé –, l’optimisme n’est absolument pas de mise.
Aussi ce match contre des Irlandais, qui n’ont perdu qu’une seule fois lors de leurs dix dernières rencontres, prend-il des allures de test grandeur nature.
« Nous devons nous atteindre à un match très physique. Les Irlandais vont venir ici avec l’intention de faire un résultat, ça, nous pouvons en être sûrs », a commenté le milieu de terrain d’Arsenal, Robert Pires.
« Ils possèdent de très bons joueurs. Tous évoluent dans le championnat anglais et, donc, il faut les prendre très au sérieux. Au moins, nous ne serons pas surpris. Nous savons à quoi nous attendre. »
Bel enthousiasme
Outre leur goût traditionnel pour les combats acharnés, les Irlandais pourront compter sur la présence de plus de 25 000 supporteurs.
Pour le sélectionneur Raymond Domenech, nommé en juillet à la place de Jacques Santini, ce match éliminatoire constitue son premier véritable examen de passage.
Au-delà du simple déficit comptable, une défaite rendrait encore plus délicate une reconstruction qui ne se fait pas sans grincement de dents et sans explications franches et directes avec certains « anciens » de l’équipe.
Elle ramènerait aussi le doute dans les têtes au moment où le besoin de confiance n’a jamais été aussi grand en l’absence de véritables leaders.
Enfin, elle rendrait encore plus difficile le déplacement prévu la semaine prochaine à Chypre où, là encore, un succès est espéré pour poursuivre le redressement.
À tour de rôle, le sélectionneur et les joueurs sont venus depuis le début de la semaine affirmer que l’ambiance était sereine et que la confiance avait été retrouvée.
Le plus démonstratif dans cet exercice était le Lyonnais Sylvain Wiltord, pour lequel la victoire est au bout de ces deux prochains matchs.
« Avec les joueurs que nous avons, il n’y a aucune raison d’être inquiets. On va prendre les six points pour compenser ceux qu’on a laissé filer contre Israël ».
Malgré ce bel enthousiasme, la France devra se passer de son capitaine Patrick Vieira suspendu, de ses attaquants David Trezeguet et Ludovic Giuly et de son récupérateur Benoît Pedretti, tous trois blessés.
Composition
Voici la composition de l’équipe de France pour la rencontre de ce soir :
16- Fabien Barthez ; 5- William Gallas, 19- Gaël Givet, 14- Sébastien Squillaci, 13- Mickaël Silvestre ; 17- Olivier Dacourt, 15- Rio Mavuba, 7- Robert Pires, 11- Sylvain Wiltord ; 12- Thierry Henry, 9- Djibrill Cisse.
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