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RAPPORT La Banque mondiale appelle les pays pauvres à assainir leurs secteurs privés

Des infrastructures inadaptées, la corruption et une législation aléatoire peuvent coûter jusqu’à un quart de leur chiffre d’affaires aux entreprises des pays pauvres et freinent le décollage économique indispensable à l’amélioration du niveau de vie des démunis, a affirmé la Banque mondiale dans le rapport 2005 sur le développement dans le monde, publié hier. « Un secteur privé dynamique crée des emplois, fournit les biens et services nécessaires pour améliorer les niveaux de vie et contribue aux rentrées d’impôts nécessaires pour financer les investissements publics en matière de santé, d’éducation et d’autres services », a souligné l’économiste en chef de la Banque mondiale François Bourguignon. « Mais trop souvent, selon lui, les pouvoirs publics réduisent cette contribution en générant par leur action des risques, des coûts et des obstacles à la concurrence qui ne se justifient pas. » Le rapport suggère des remèdes, se base sur des enquêtes conduites auprès de plus de 30 000 entreprises dans 53 pays en développement. Selon le rapport, les coûts associés aux infrastructures inadaptées, au crime, à la corruption et à la faiblesse de la mise en œuvre des contrats peuvent atteindre jusqu’à 25 % du chiffre d’affaires des sociétés dans les pays en développement. Plus de 90 % des sociétés interrogées déplorent l’existence d’un véritable fossé entre la réglementation et la manière dont elle est appliquée en pratique avec pour résultat que plus de la moitié de l’économie est en fait une économie parallèle dans les pays en développement. « Si les gouvernements réduisaient les réglementations et les bureaux chargés d’en superviser l’application, cela réduirait également la corruption », a souligné Warrick Smith, principal auteur du rapport. La situation est particulièrement flagrante au Guatemala où près de 90 % des entreprises interrogées ont dit ne pas savoir comment les réglementations allaient effectivement être appliquées par l’Administration. De plus, 80 % des entreprises du Bangladesh et plus de 70 % de celles de l’Équateur doutent que les tribunaux de leur pays feront respecter leurs droits de propriété. Le crime et la corruption pèsent particulièrement sur les économies d’Amérique latine selon ce rapport, qui estime que près de 25 % du PIB de la Colombie et du Salvador ont ainsi été perdus. Mais, note le rapport, il n’y a pas de solution miracle applicable à tous les pays, c’est pourquoi la Banque mondiale préconise la définition de priorités au cas pas cas. Elle cite trois exemples à suivre, la Chine, l’Inde et l’Ouganda, pays qui ont réussi à réduire considérablement la pauvreté par le biais de politiques ayant favorisé l’investissement privé. Le régime communiste chinois a introduit des rudiments de droits de propriété et d’entreprises privées et libéralisé le commerce et les investissements dès les années 1980. De même, l’Inde a réduit ses barrières douanières et procédé à une plus grande libéralisation des échanges commerciaux. « Résultats : la part des investissements privés dans ces deux pays a pratiquement doublé (...) et tous deux ont considérablement réduit la pauvreté », affirme le rapport. Mais ce type de succès n’est pas réservé aux grands pays, selon le rapport qui cite également l’Ouganda et ses efforts fructueux en matière de stabilité macroéconomique, réduction des barrières douanières, réformes des services fiscaux et judiciaires, participation du privé aux télécoms. Le PIB par habitant y a connu une croissance de plus de 4 % par an entre 1993 et 2000 et le pourcentage de la population pauvre a chuté de 56 % en 1992 à 35 % en 2000.

Des infrastructures inadaptées, la corruption et une législation aléatoire peuvent coûter jusqu’à un quart de leur chiffre d’affaires aux entreprises des pays pauvres et freinent le décollage économique indispensable à l’amélioration du niveau de vie des démunis, a affirmé la Banque mondiale dans le rapport 2005 sur le développement dans le monde, publié hier.
« Un secteur privé dynamique crée des emplois, fournit les biens et services nécessaires pour améliorer les niveaux de vie et contribue aux rentrées d’impôts nécessaires pour financer les investissements publics en matière de santé, d’éducation et d’autres services », a souligné l’économiste en chef de la Banque mondiale François Bourguignon.
« Mais trop souvent, selon lui, les pouvoirs publics réduisent cette contribution en...