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Actualités - Chronologie

Focus Connaissez-vous l’art brut? (photos)

L’art, c’est bien connu, est synonyme de raffinement, de sensibilité et d’esthétique. Le monde de la création est toutefois un monde merveilleux où tout est possible, même l’existence d’un «art brut». C’est au fameux peintre français Jean Dubuffet que l’on doit cette notion (apparue «officiellement» vers 1945). Elle désigne, selon lui, «des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, dans lesquels le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, a peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux, moyens de transposition, rythme, façons d’écriture, etc.) de leur propre fonds et non des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode». On peut supposer, à partir de cette définition, que l’art brut est pratiqué par des personnes, socialement ou mentalement marginales. Des individus qui, pour une raison ou une autre, ont échappé au conditionnement culturel et au conformisme social. Des solitaires, des inadaptés, des détenus ou encore des pensionnaires d’hopitaux psychiatriques.... C’est d’ailleurs dans ce genre d’établissements que Jean Dubuffet, peintre, sculpteur et écrivain français (né en 1901, décédé en 1985), se met en quête, dans les années quarante, d’œuvres «extraculturelles». Cet ancien négociant en vin, devenu l’un des artistes les plus cotés du XXe siècle, s’est toujours voulu non seulement un «créateur, mais aussi un révélateur de formes». Grâce à un ami psychiatre, le Dr Hans Pinzhorn, Dubuffet découvre, à la fin des années trente, les dessins et peintures de personnes internées. Il constate que ces travaux sont d’une grande intensité d’expression et que certaines pièces sont réellement exceptionnelles. Il entreprend alors de réunir quelques-unes de ces œuvres. Sa collection au départ purement privée et exerçant une fascination croissante, Dubuffet organisa des expositions avant de l’offrir en 1971 à la ville de Lausanne. De 5000 pièces de son vivant, elle s’est enrichie aujourd’hui à plus de 20000 objets. Des créations issues d’un trauma Recherchant dans les productions «d’individus indemnes de culture artistique» les qualités, essentielles selon lui, d’ingénuité, de spontanéité et d’invention, il ouvrit la porte de l’art aux personnes «étrangères au professionnalisme de l’art», dans les œuvres desquelles il trouvait «la projection très immédiate et directe de ce qui se passe dans les profondeurs d’un être». Il écrivit d’ailleurs plusieurs essais présentant ses théories en la matière dont: Notes pour les fins lettrés, Asphyxiante culture ou encore L’art brut préféré aux arts culturels. Opposé à tout art trop élaboré et profondément influencé par les travaux des patients psychiatriques, Dubuffet a lui-même recouru, dans son œuvre plastique, à des procédés automatiques (empreintes, grattages, frottages, etc.) et a toujours tiré parti dans l’élaboration de son travail de tout le fortuit qui se présentait. Ce qui est certain, c’est que les œuvres des auteurs d’art brut (lesquelles peuvent être picturales, sculpturales, musicales, littéraires ou même architecturales) sont d’une liberté de conception totale. Souvent issu des virtualités mentales qui sont habituellement étouffées chez un homme normal, l’art brut ne tient compte dans sa conception, ses sujets et ses procédés d’exécution ou encore sa destination finale d’aucune allégeance à un système (école, galerie, musée, etc.), une tradition ou une mode. Les œuvres créées ne sont qu’un moyen d’expression, de défoulement, d’épanouissement. Étant souvent l’émanation d’un trauma, en revisitant les vieilles blessures, elles portent en elles des vertus curatives insoupçonnées... Profondément original, cet art autodidacte, issu d’un besoin viscéral de créer et pratiqué sur l’unique mode de la satisfaction personnelle, offre sans doute à ceux qui s’y intéressent un dépaysement et un enfièvrement de l’esprit plus intenses que partout ailleurs. Une excursion fantastique dans l’univers artistique des ermites, des fous, des innocents, des excentriques ou des illuminés... Zéna ZALZAL
L’art, c’est bien connu, est synonyme de raffinement, de sensibilité et d’esthétique. Le monde de la création est toutefois un monde merveilleux où tout est possible, même l’existence d’un «art brut».
C’est au fameux peintre français Jean Dubuffet que l’on doit cette notion (apparue «officiellement» vers 1945). Elle désigne, selon lui, «des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, dans lesquels le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, a peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux, moyens de transposition, rythme, façons d’écriture, etc.) de leur propre fonds et non des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode».
On peut supposer, à partir de cette définition, que l’art brut est...