Le gouvernement britannique vient de réaffirmer qu’il ne négocie pas avec les preneurs d’otages en Irak, mais les précédents montrent qu’il y a souvent négociations et parfois versement de rançons ou autres contreparties, voire acceptation pure et simple des exigences des ravisseurs.
L’Irak, où les prises d’otages, politiques ou crapuleuses, sont devenues quotidiennes, ne manque pas d’exemples récents de libérations négociées contre rançons ou garanties politiques.
Un commerçant jordanien pris en otage fin juillet, Adel Obeidallah, a été libéré le 5 août après le versement de 100 000 dollars, ont affirmé ses deux frères, Mansour et Omar, apportant une des rares preuves de l’existence d’un florissant « marché du rapt » en Irak.
Dans un registre plus idéologique, l’Armée islamique en Irak, le groupe qui détient depuis le 20 août les deux journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot, s’est enorgueillie d’avoir fait plier les Philippines. La présidente Gloria Arroyo a de fait rappelé le 19 juillet la cinquantaine de militaires qu’elle avait envoyés en Irak pour sauver la vie d’un chauffeur de camion menacé de décapitation. Mme Arroyo a fait valoir « l’intérêt national » et la défense de millions de travailleurs philippins dans le monde.
Le secrétaire au Foreign Office Jack Straw a pour sa part « clairement » refusé jeudi de négocier avec les ravisseurs, en dépit d’un appel désespéré lancé la veille par l’otage britannique Kenneth Bigley, détenu en Irak par le groupe d’Abou Moussab al-Zarqaoui. Traditionnellement inflexible face au terrorisme, Londres avait cependant envoyé un émissaire à Beyrouth en 1987, par l’intermédiaire de l’Église anglicane, pour négocier la libération d’otages occidentaux. Cet émissaire, Terry Waite, avait été enlevé par le Jihad islamique et détenu 1 760 jours.
De même, bien qu’elle ne l’ait jamais admis, l’Allemagne a fini par payer pour faire libérer en 2003 quatorze touristes européens, dont neuf Allemands, après cinq mois de détention dans le Sahara. De source diplomatique à Bamako, une rançon de 5 millions d’euros a été payée par la Libye aux ravisseurs, membres du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), ce que Berlin a toujours refusé de commenter.
En Italie, le gouvernement de Silvio Berlusconi refuse la négociation avec les preneurs d’otages, mais cette position doit être nuancée. Après l’enlèvement le 7 septembre en Irak de deux Italiennes, un communiqué de revendication a réclamé la libération de prisonnières irakiennes, et Rome a répondu que « sans préjuger si la demande émane ou non d’un groupe effectivement représentatif, le gouvernement poursuivra son action (...) pour que d’éventuels détenus qui seraient incarcérés sans preuve nécessaire soient libérés ». Et concernant les quatre Italiens enlevés en avril en Irak, et dont l’un a été exécuté avant que les autres ne soient libérés en juin, un médecin engagé de longue date en Irak, Gino Strada, a affirmé qu’une rançon de 9 millions de dollars a été payée pour libérer les trois hommes.
En 1999, le gouvernement indien avait libéré trois militants islamistes en échange des 178 passagers et 11 membres d’équipage d’un avion de la compagnie Indian Airlines, détourné dans l’Afghanistan des talibans. Après une épreuve de force de huit jours, le ministre indien des Affaires étrangères Jaswant Singh était venu à Kandahar remettre les trois hommes, dont Ahmed Saeed Cheikh Omar, aujourd’hui recherché pour l’assassinat en 2002 du journaliste américain Daniel Pearl.
Pour Roland Jacquard, de l’Observatoire international du terrorisme, « aucun gouvernement ne peut admettre qu’il négocie, bien que la chose soit courante ». « Et il y a presque toujours un aspect financier », a-t-il dit, même si la demande de rançon est présentée avec « l’habillage de contribuer à des œuvres sociales, comme une association de victimes de guerre ou un hôpital ».
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L’Irak, où les prises d’otages, politiques ou crapuleuses, sont devenues quotidiennes, ne manque pas d’exemples récents de libérations négociées contre rançons ou garanties politiques.
Un commerçant jordanien pris en otage fin juillet, Adel Obeidallah, a été libéré le 5 août après le versement de 100 000 dollars, ont affirmé ses deux frères, Mansour et Omar, apportant une des rares preuves de l’existence d’un florissant « marché du rapt » en Irak.
Dans un registre plus idéologique, l’Armée islamique en Irak, le...