Le Fifre d’Édouard Manet, La Femme jouant de la guitare de Pierre-Auguste Renoir, et quarante-huit autres chefs-d’œuvre impressionnistes s’apprêtent à quitter la France pour passer, pour la première fois, six mois en Chine.
« Il s’agit d’une première », souligne Serge Lemoine, président du musée d’Orsay et commissaire de l’exposition « Trésors impressionnistes des collections nationales françaises » qui s’ouvrira à Pékin le 11 octobre.
« C’est la première fois qu’une exposition de tableaux impressionnistes de cette ampleur, avec un vrai projet scientifique, est présentée aux Chinois », ajoute M. Lemoine.
« Une première parce que aucun des tableaux présentés n’a fait le déplacement auparavant. Et enfin, parce que cette exposition répond aux souhaits mêmes des responsables culturels chinois », selon le commissaire de l’exposition.
Présentée au Palais des Beaux-Arts de Pékin jusqu’au 24 novembre, l’exposition se rendra au Shanghai Art Museum (8 décembre-25 janvier), puis au Hong Kong Museum of Art (5 février-10 avril 2005). Elle s’inscrit dans le cadre de l’« Année de la France en Chine » qui sera officiellement lancée par un spectacle du compositeur Jean-Michel Jarre, le 10 octobre à Pékin.
Parmi ces œuvres, 38 appartiennent au musée d’Orsay, 11 proviennent d’autres musées français. Un paysage de Cézanne, La Côte du Galet à Pontoise, est prêté par LVMH/Moët Hennessy Louis Vuitton, mécène de la manifestation.
Pour Serge Lemoine, l’idée était de « montrer l’évolution de l’impressionnisme : ses débuts, ses développements, ses perspectives ». Avec, parmi les tableaux-phares, Le Fifre de Manet, Cathédrale de Rouen, le portail vu de face. Harmonie brune, de Monet, ou L’Absinthe, de Degas.
Si le terme « impressionniste » est prêté par dérision pour la première fois en 1874 par un journaliste commentant le tableau de Claude Monet Impression, soleil levant, cette peinture à la facture rapide prend sa source dès les années 1860. « C’est à cette époque, note Serge Lemoine, que le paysage devient le sujet même du tableau et non plus un simple décor d’arrière-plan. »
Déjà, les peintres de l’École de Barbizon (près de Fontainebleau), comme Corot, Millet ou Rousseau, avaient installé leurs chevalets en pleine nature.
Édouard Manet ira plus loin, avec Le déjeuner sur l’herbe, peint en 1863, qui fait scandale et avec lequel il réactualise un sujet classique dans le monde contemporain. Après les premiers effets de lumière d’Eugène Boudin, ou de Johann-Barthold Jongkind, le voilà chef de file incontesté de l’avant-garde impressionniste.
« Mais s’il y a bien un style impressionniste, souligne Serge Lemoine, on ne peut pas parler d’école. Chaque artiste du mouvement suit son cheminement individuel. Ils ont en commun leur rejet de la peinture officielle, leur recherche d’une nouvelle manière de représenter le monde réel. »
Certains choisissent le paysage à travers les thèmes de la lumière, l’eau, le soleil et la notion essentielle de saisir l’éphémère. L’exposition montre des chefs-d’œuvre de Monet, Pissarro ou Sisley.
D’autres privilégient le portrait, comme Degas ou Bazille.
L’aube du XXe siècle se lève sur les incontournables Nymphéas de Monet et les compositions de Paul Cézanne, qui va rechercher peu à peu le contraire de l’éphémère et ouvrir le chemin de l’art moderne.
L’exposition est organisée par le musée d’Orsay et par l’Association française d’action artistique (AFAA, ministère des Affaires étrangères).
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« Il s’agit d’une première », souligne Serge Lemoine, président du musée d’Orsay et commissaire de l’exposition « Trésors impressionnistes des collections nationales françaises » qui s’ouvrira à Pékin le 11 octobre.
« C’est la première fois qu’une exposition de tableaux impressionnistes de cette ampleur, avec un vrai projet scientifique, est présentée aux Chinois », ajoute M. Lemoine.
« Une première parce que aucun des tableaux présentés n’a fait le déplacement auparavant. Et enfin, parce que cette exposition répond aux souhaits mêmes des responsables culturels...