Ancienne chanteuse de gospel, Achieng Abura est devenue ces dernières années au Kenya l’étoile montante de l’afro-jazz, un style encore peu prisé dans son pays où la jeunesse a massivement cédé aux sirènes du rap.
Lors d’un récent concert à Nairobi, la chanteuse kényane a expliqué la fusion des genres qui caractérise sa musique : « À 70%, elle est afro-jazz et le reste est un style plus traditionnel, plus kényan ».
Exemple sur scène. Après les percussions très jazzy du début, l’Afrique reprend vite le dessus. Quatre choristes alternent anglais et langues locales sur un rythme endiablé tandis qu’une danseuse se déhanche.
Entre le jazz nord-américain et l’Afrique noire, la fusion opère immédiatement. De sa voix puissante, l’artiste kényane, la taille entourée d’un pagne, tresses blondes et lourd collier d’ambre sur la poitrine, emporte le public.
Achieng Abura aime d’ailleurs les chanteuses à la voix qui porte : « J’aime écouter Aretha Franklin, Céline Dion et Gladys Knight, j’aime les gens qui ont vraiment une voix et un style puissant. » « Nous, artistes, avons une responsabilité. Nous devons essayer de changer la vie dans nos communautés et à travers le monde », explique cette ancienne chanteuse de gospel.
Pour elle, l’esprit du guerrier (Spirit of the Warrior, titre de son dernier album CD), c’est d’abord un « besoin de regarder à l’intérieur de soi, de ses traditions ». « Le rôle du guerrier en positif en Afrique, c’est un protecteur, quelqu’un qui assure le bien-être de la communauté. J’aimerais que ma musique touche et change les gens, leur vie, parle de la réalité sur le terrain, des questions culturelles et sociales que nous devons changer ». Cette chanteuse originaire de l’ouest du pays vient de se faire remarquer par l’Alliance française de Nairobi, qui produit son dernier album.
La musique kényane est en pleine évolution et pas suffisamment connue à l’étranger. « Depuis plusieurs années, nous avons créé une ligne de budget importante pour le soutien des artistes kényans dans la musique », explique le directeur de l’Alliance, Gérard Saby.
Achieng Abura « représente une tendance, dans la musique, qui est originale, facilement exportable, selon lui. C’est une musique mondiale qui peut s’écouter à Nairobi, mais aussi au Botswana, à Tokyo ou à Bombay ». « Il y a au Kenya beaucoup de jeunes musiciens qui se lancent dans le rap, qui est un peu de la soupe. Ce n’est pas vraiment du rap, mais cela se vend et ça marche bien en radio », poursuit-il. « Achieng et d’autres artistes essaient d’avoir une démarche originale. Ils ne passent pas beaucoup sur les radios. Donc on a pensé qu’il fallait faire porter l’effort sur ces gens-là », explique-t-il encore.
« Le public de l’afro-jazz est plus occidental. Le public kényan n’a pas été habitué à cela. Si les radios ne passent pas l’album d’Achieng ou d’autres artistes, les Kényans ne connaîtront jamais ce genre de musique », conclut-il.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ancienne chanteuse de gospel, Achieng Abura est devenue ces dernières années au Kenya l’étoile montante de l’afro-jazz, un style encore peu prisé dans son pays où la jeunesse a massivement cédé aux sirènes du rap.
Lors d’un récent concert à Nairobi, la chanteuse kényane a expliqué la fusion des genres qui caractérise sa musique : « À 70%, elle est afro-jazz et le reste est un style plus traditionnel, plus kényan ».
Exemple sur scène. Après les percussions très jazzy du début, l’Afrique reprend vite le dessus. Quatre choristes alternent anglais et langues locales sur un rythme endiablé tandis qu’une danseuse se déhanche.
Entre le jazz nord-américain et l’Afrique noire, la fusion opère immédiatement. De sa voix puissante, l’artiste kényane, la taille entourée d’un pagne, tresses blondes et...