Arabie saoudite
Ryad veut modérer son système scolaire,
accusé de nourrir l’extrémisme
le 07 septembre 2004 à 00h00
Les autorités saoudiennes ont recommandé la modération aux éducateurs et aux responsables de son système scolaire, accusé par les États-Unis de nourrir l’extrémisme religieux, à l’approche de la rentrée samedi prochain.
Recevant de hauts responsables du ministère de l’Éducation et des directeurs d’établissements scolaires dimanche soir, le roi Fahd et son prince héritier Abdallah ben Abdel-Aziz ont tour à tour appelé les éducateurs à lutter contre l’extrémisme.
L’école saoudienne doit « apprendre des meilleures expériences des autres nations » et adopter « la juste approche scientifique et éducative », a lancé le souverain saoudien.
Le prince Abdallah, qui dirige de facto le royaume, a été plus direct : « La première tâche (des éducateurs) est de servir la religion et le pays et pas autre chose », a-t-il dit.
Depuis les attentats antiaméricains du 11 septembre 2001, dont 15 des 19 auteurs étaient saoudiens, l’Arabie saoudite est sous les feux de la critique des États-Unis qui la somment de réviser son système scolaire, accusé d’encourager l’extrémisme religieux et le fanatisme.
Berceau de l’islam, l’Arabie applique rigoureusement les principes du wahhabisme, doctrine puritaine de l’islam née au XVIIIe siècle. Les non-musulmans n’y ont le droit de pratiquer leur foi que dans la stricte sphère privée.
Mais les responsables saoudiens répètent à l’envi que l’islam recommande la tolérance, sans aucun rapport avec « la pensée déviante » des fanatiques. Un responsable d’un réseau d’écoles privées, financé par le prince al-Walid ben Talal, neveu du roi Fahd d’Arabie saoudite et homme d’affaires milliardaire, a estimé que l’islam ne véhicule pas de « textes qui incitent à la haine à l’encontre des autres religions ». Ce responsable, Hamoud al-Soubaï, chargé des relations publiques pour ce réseau d’écoles où sont inscrits quelque 1 500 fils et filles de familles princières et d’hommes d’affaires, a affirmé que l’islam encourage les relations avec les adeptes d’autres confessions.
Une directrice d’école
pessimiste
Mais la directrice d’une école publique pour filles ne partage pas les analyses exonérant le système scolaire saoudien de la promotion de l’extrémisme et du fanatisme religieux. « Notre système est plein de textes incitant à la haine non seulement contre les autres religions mais aussi contre d’autres sectes musulmanes », a déclaré cette directrice sous couvert de l’anonymat, citant notamment le chiisme. Elle se dit pessimiste sur un changement rapide du système scolaire dans le royaume saoudien, dominé selon elle par des islamistes. « Je ne pense pas qu’il y ait un espoir pour un changement à court terme car les islamistes contrôlent les instances éducatives », a-t-elle déploré. « Les postes influents au ministère de l’Éducation sont tenus par des islamistes », a-t-elle ajouté.
Les autorités saoudiennes ont recommandé la modération aux éducateurs et aux responsables de son système scolaire, accusé par les États-Unis de nourrir l’extrémisme religieux, à l’approche de la rentrée samedi prochain.
Recevant de hauts responsables du ministère de l’Éducation et des directeurs d’établissements scolaires dimanche soir, le roi Fahd et son prince héritier Abdallah ben Abdel-Aziz ont tour à tour appelé les éducateurs à lutter contre l’extrémisme.
L’école saoudienne doit « apprendre des meilleures expériences des autres nations » et adopter « la juste approche scientifique et éducative », a lancé le souverain saoudien.
Le prince Abdallah, qui dirige de facto le royaume, a été plus direct : « La première tâche (des éducateurs) est de servir la religion et le pays et pas autre...
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