Fatigués et en colère, beaucoup d’habitants de Najaf attendent avec impatience un assaut final contre les miliciens du chef radical chiite Moqtada Sadr, retranchés dans le mausolée de l’imam Ali, au cœur de la vieille ville.
« Ce serait vraiment très bien si les forces irakiennes donnaient l’assaut à Sadr et ses hommes et qu’on s’en débarrasse », affirme, mécontent, Abou Ali Aslami, un forgeron de 30 ans, qui vit à la lisière de la vieille ville. L’annonce faite d’une offensive « décisive » imminente est pour lui une bonne nouvelle. Affirmant avoir connu dans son enfance Moqtada Sadr, M. Aslami le considère comme un nouveau Saddam Hussein qui doit être arrêté pour le bien de l’Irak. « C’est un second Saddam. C’est un dictateur. Il a son propre tribunal et tout le monde sait qu’il a tué des gens innocents pour des peccadilles. Si c’est un vrai musulman, il devrait se retirer du mausolée et combattre avec les forces irakiennes », affirme l’homme qui découpe une plaque de fer devant sa boutique, sous un soleil de plomb.
Un simple regard sur la ville de Najaf explique le traumatisme du forgeron et de centaines d’autres comme lui. Cette cité de pèlerinage pour des millions de chiites dans le monde est devenue une ville-fantôme. Le marché de la place Midane a brûlé, les hôtels sont dans un piètre état avec leurs vitres brisées et leurs devantures criblées de balles. Comme si la ville avait été frappée par une épidémie, toutes les maisons sont fermées, les lumières sont éteintes, les câbles électriques pendent et des douilles jonchent la chaussée. Au milieu des tirs permanents, des véhicules et des chars américains stationnent à tous les coins de rues, assiégeant le réduit de Moqtada Sadr.
« Regardez la ville et vous réaliserez pourquoi la peur de la mort est partout », affirme Adnane Nasser, un vendeur de légumes de 28 ans, qui garde sa maison et celles de ses voisins dans le quartier al-Jadida près de la vieille ville. « Les gens sont vraiment las des combats. Nous ne voulons plus de lui (Sadr) et de ses hommes. Ce sont des voleurs et ils ruineront l’avenir de l’Irak si nous les laissons faire », dit-il. Seul dans sa maison, il a envoyé sa famille dans la ville méridionale de Bassora. « Je dois leur envoyer de l’argent régulièrement et je ne gagne pas un sou. Il n’y a pas de clients. Comment survivre ? » se lamente-t-il. Pendant qu’il parle, des balles atteignent le toit des maisons environnantes. « C’est un franc-tireur de l’Armée du mehdi. Il y en a partout. Ils tirent sur tout le monde pour que personne ne sorte. C’en est trop. L’armée doit donner l’assaut au mausolée et les jeter dehors », dit-il. Pour beaucoup, la bataille actuelle de M. Sadr a pour seul but de marquer des points sur l’échiquier politique. « Tout cela, c’est de la politique, mais l’Irak peut vivre sans des musulmans comme lui », affirme un autre habitant. « Moqtada pense que nous nous sommes habitués à vivre sous une dictature. Mais nous ne voulons pas d’un nouveau Saddam et Moqtada est pire que Saddam car il utilise le mausolée pour combattre », ajoute-t-il.
L’exaspération contre Moqtada Sadr est telle que des gens sont même prêts à accepter que le mausolée soit endommagé durant les combats pour déloger la milice. « On peut toujours le reconstruire. Nous sommes confiants dans le fait que les soldats irakiens feront du bon travail appuyés par les Américains », affirme le forgeron. M. Aslami est absolument convaincu que son gouvernement n’acceptera pas que les soldats américains entrent dans le mausolée. « Ce n’est pas nécessaire si notre armée fait le travail », estime-t-il.
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« Ce serait vraiment très bien si les forces irakiennes donnaient l’assaut à Sadr et ses hommes et qu’on s’en débarrasse », affirme, mécontent, Abou Ali Aslami, un forgeron de 30 ans, qui vit à la lisière de la vieille ville. L’annonce faite d’une offensive « décisive » imminente est pour lui une bonne nouvelle. Affirmant avoir connu dans son enfance Moqtada Sadr, M. Aslami le considère comme un nouveau Saddam Hussein qui doit être arrêté pour le bien de l’Irak. « C’est un second Saddam. C’est un dictateur. Il a son propre tribunal et tout le monde sait qu’il a tué des...