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La revanche du chihuahua sur le « tosa »

Au pays du terrifiant « tosa », le plus grand chien de combat du monde, les chihuahuas sont en train de mettre la pâtée aux molosses. Trop cher à élever, victime de l’indifférence croissante à l’égard des combats de chiens, une tradition multiséculaire au Japon, et de la vogue délirante des minuscules quadrupèdes à poil, le tosa est menacé d’extinction. « Je crains que les jours du tosa ne soient désormais comptés », déplore Takashi Hirose, directeur de la salle de combat de Kochi, au bord de la plage populaire de Katsura, haut lieu de ces duels cruels. C’est à Kochi – Tosa est l’ancien nom de la ville – qu’est née il y a presque un siècle cette race croisée pour engendrer le plus agressif des combattants. Le tosa est mâtiné de danois, de bouledogue, de bull-terrier et de berger allemand. Il faut dire que l’entretien de ces dogues n’est pas donné : plus de 100 000 yens (près de 1 000 dollars) par mois rien que pour les nourrir, sans compter des soins spéciaux pour les protéger des maladies de peau. Chaque jour, le tosa a besoin de dévorer le poids équivalent en viande de son énorme tête. Il pèse en moyenne plus de 80 kilos et mesure au garrot 75 centimètres, voire davantage, quand il est adulte. Ses mâchoires sont très impressionnantes. Il est réputé pour sa résilience et son autorité sur le ring. « À Kochi, on recensait plus de 2 500 chiens tosa il y a 20 ou 30 ans, aujourd’hui le nombre est tombé à environ 250, témoigne M. Hirose. Il est urgent qu’on se penche sur les moyens de sauver la race. » En effet, la vieille passion virile pour les combats de chiens, qui sont autorisés au Japon, s’éteint lentement. « Les petits toutous sont à la mode au Japon parce que beaucoup de gens cherchent un dérivatif à leurs soucis en ces temps de stress », dit M. Hirose. « Moi, je ne veux pas voir des chiens saigner, c’est effrayant », confesse Saori Namba, une pharmacienne. Certains, comme le jeune Mayumi Harada, trouvent « dommage qu’une telle tradition disparaisse, mais les combats entre animaux n’ont plus de place dans une société moderne ». Signe des temps, la Société d’élevage canin du Japon n’a établi que cinq pedigrees de tosa en 2003, contre 171144 teckels et 73684 chihuahuas. « Les combats de chiens ont diminué en même temps qu’apparaissait l’idée de légiférer sur la protection des animaux », explique un porte-parole de la société. Pour M. Hirose, la seule solution, pour sauver la race tosa, passe peut-être par l’exportation.
Au pays du terrifiant « tosa », le plus grand chien de combat du monde, les chihuahuas sont en train de mettre la pâtée aux molosses.
Trop cher à élever, victime de l’indifférence croissante à l’égard des combats de chiens, une tradition multiséculaire au Japon, et de la vogue délirante des minuscules quadrupèdes à poil, le tosa est menacé d’extinction.
« Je crains que les jours du tosa ne soient désormais comptés », déplore Takashi Hirose, directeur de la salle de combat de Kochi, au bord de la plage populaire de Katsura, haut lieu de ces duels cruels.
C’est à Kochi – Tosa est l’ancien nom de la ville – qu’est née il y a presque un siècle cette race croisée pour engendrer le plus agressif des combattants. Le tosa est mâtiné de danois, de bouledogue, de bull-terrier et de berger allemand.
Il...