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Actualités - Chronologie

BANQUES Les grandes fortunes du monde retournent en Suisse

Les grandes fortunes du monde entier ont retrouvé le chemin de la Suisse pour placer leurs fonds à l’abri des banques helvètes, seuls remparts selon elles contre le terrorisme et accessoirement l’appétit du fisc. Les deux principales banques suisses, l’UBS et le Crédit Suisse, toutes deux spécialisées dans la gestion de fortune, ont annoncé cette semaine leurs résultats pour le 1er trimestre 2004, montrant un afflux massif d’argent frais dans leurs établissements. Ainsi, l’UBS a récolté au 1er trimestre le montant record de 23,3 milliards d’euros de nouveaux fonds à gérer, alors que le Credit Suisse Group affiche 10 milliards d’euros de fonds supplémentaires. Pour l’UBS, il s’agit essentiellement d’anciens clients de la banque, qui ont choisi de confier plus d’argent à gérer à la banque suisse. L’argent est surtout venu d’Europe et d’Asie. Dans la seule Union européenne, où l’UBS a ouvert toute une série de succursales, la banque a draîné plus de 4 milliards de FS d’argent supplémentaire au 1er trimestre. L’UBS fixe le prix du ticket d’entrée pour ouvrir un compte de gestion de fortune à 500 000 euros. « La Suisse a aussi récupéré des fonds italiens, qui reviennent après un court séjour en Italie, pour profiter des lois d’amnistie », a aussi commenté un banquier genevois. Les banques suisses avaient perdu plusieurs dizaines de milliards de fonds italiens sous gestion, suite aux lois d’amnistie fiscale. Selon les milieux financiers suisses, ce renouveau de la place financière suisse s’explique par une conjonction de plusieurs facteurs : l’insécurité fiscale et la peur du terrorisme, d’une part, et la défense très ferme par la Suisse de son secret bancaire, ainsi que la stabilité politique du pays. « Les pays européens, qui sont surendettés et en déficit permanent, sont obligés de récupérer le plus d’argent possible, via une politique fiscale très dure, cela fait fuir les capitaux vers des cieux plus cléments, comme la Suisse », a commenté un analyste financier. Par ailleurs, les tensions géopolitiques permanentes depuis le 11 septembre, la guerre en Irak qui s’enlise et l’affaiblissement des États-Unis ont aussi joué en faveur du retour en grâce des banques suisses. Sur le plan intérieur, la Suisse est dirigée par un gouvernement nettement orienté à droite, depuis octobre dernier. Christoph Blocher, le leader du parti UDC (droite), qui a remporté les élections de 2003, fait partie du gouvernement, ce qui est aussi bien vu de l’étranger, car il est considéré comme éminemment conservateur, une qualité recherchée par les détenteurs de grandes fortunes. Enfin, la Suisse ne fait pas partie de l’UE, ce qui est aussi vu comme un atout pour les grandes fortunes, se considérant ainsi à l’abri de la réglementation européenne. La « conjonction de ces deux phénomènes, les tensions à l’étranger et le climat politique favorable en Suisse » expliquent cet afflux sans précédent d’argent dans les coffres suisses. Outre la Suisse, la petite principauté voisine du Liechtenstein, considérée aussi comme un paradis fiscal, bénéficie aussi de ce climat bancaire favorable. La LGT Bank, la banque appartenant à la famille princière, a ainsi récupéré en 2003 2 milliards de francs suisses de fonds supplémentaires sous gestion.
Les grandes fortunes du monde entier ont retrouvé le chemin de la Suisse pour placer leurs fonds à l’abri des banques helvètes, seuls remparts selon elles contre le terrorisme et accessoirement l’appétit du fisc.
Les deux principales banques suisses, l’UBS et le Crédit Suisse, toutes deux spécialisées dans la gestion de fortune, ont annoncé cette semaine leurs résultats pour le 1er trimestre 2004, montrant un afflux massif d’argent frais dans leurs établissements.
Ainsi, l’UBS a récolté au 1er trimestre le montant record de 23,3 milliards d’euros de nouveaux fonds à gérer, alors que le Credit Suisse Group affiche 10 milliards d’euros de fonds supplémentaires. Pour l’UBS, il s’agit essentiellement d’anciens clients de la banque, qui ont choisi de confier plus d’argent à gérer à la banque...