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Actualités - Opinion

L’affaire d’Abou Ghraïb et la crédibilité des USA

L’Amérique démocratique est-elle en train de nous démontrer qu’en temps de guerre, les conventions et les traités restent lettre morte ? L’article 17 de la troisième convention de Genève sur les prisonniers de guerre stipule, notamment: « Lors de leur capture, les prisonniers de guerre ne pourront subir aucune torture ou contrainte pour les forcer à livrer des informations ». Pilier du droit international, les conventions de Genève ont été ratifiées par 188 États. Les témoignages et les photos rapportant des actes brutaux et dégradants perpétrés par des militaires américains contre des détenus dans la prison tristement célèbre d’Abou Ghraïb, à l’ouest de Bagdad, ont fait le tour du monde arabe. Cette immense geôle était déjà, sous le régime de Saddam Hussein, un lieu de terreur par excellence. L’impact de ces photos dans le monde arabe ne saurait être minimisé. Ces témoignages attisent la haine antiaméricaine et suscitent le dégoût partout dans le monde. Quant aux photos impliquant les Britanniques, un doute subsiste au sujet de leur authenticité. Certes, il n’y a pas de guerre propre. La torture est courante dans tous les conflits. Aucun pays ne peut être blanchi sur ce plan. Il n’en demeure pas moins que les actes pervers et répréhensibles commis à la prison d’Abou Ghraïb sont imputables à un pays qui, précisément, veut défendre les libertés dans le monde et prétend vouloir exporter la démocratie. De tels actes entament l’honneur et la crédibilité des États-Unis. Il ne suffit pas, pour se dédouaner, que quelques vieux généraux retraités du Pentagone dénoncent ces actes. Il faut, surtout, cesser immédiatement ces pratiques et veiller à ce qu’elles ne se reproduisent plus. Il faudrait aussi châtier sévèrement les coupables. Comment convaincre, autrement, les Irakiens et les musulmans de la bonne foi de Washington et comment persuader d’autres pays européens de participer, sous commandement américain, au processus de paix en Irak? Hier, les statues de Saddam Hussein ont été déboulonnées et tous les Irakiens étaient en liesse pour célébrer la chute du dictateur enfin déchu grâce aux Etats-Unis. Certes, l’Amérique n’est pas l’Irak de Saddam Hussein. Les doigts accusateurs pointent vers Donald Rumsfeld. Mais en définitive, le seul point à l’honneur des Etats-Unis reste que grâce à la presse, ce quatrième pouvoir, tout se sait. Alors qu’ailleurs ... Bruno Spagnolo
L’Amérique démocratique est-elle en train de nous démontrer qu’en temps de guerre, les conventions et les traités restent lettre morte ? L’article 17 de la troisième convention de Genève sur les prisonniers de guerre stipule, notamment: « Lors de leur capture, les prisonniers de guerre ne pourront subir aucune torture ou contrainte pour les forcer à livrer des informations ». Pilier du droit international, les conventions de Genève ont été ratifiées par 188 États.
Les témoignages et les photos rapportant des actes brutaux et dégradants perpétrés par des militaires américains contre des détenus dans la prison tristement célèbre d’Abou Ghraïb, à l’ouest de Bagdad, ont fait le tour du monde arabe. Cette immense geôle était déjà, sous le régime de Saddam Hussein, un lieu de terreur par excellence....