Moqtada Sadr est un jeune chef radical dont l’activisme dérange jusqu’aux plus hautes autorités irakiennes. Le chef du gouvernement intérimaire Iyad Allaoui, qui l’avait récemment invité à participer aux élections générales prévues au plus tard en janvier 2005, a d’ailleurs sommé jeudi ses miliciens de déposer les armes et de quitter le mausolée de l’imam Ali à Najaf.
Moqtada Sadr est en effet à la tête d’une milice de plusieurs milliers d’hommes, l’Armée du mehdi. S’appuyant sur le legs de son père Mohammed Sadek Sadr, un dignitaire respecté par les chiites irakiens, il se dit farouche opposant à l’occupation américaine en Irak.
Têtu et parfois nerveux selon ses collaborateurs, ce sayyed (descendant du Prophète) de 30 ans n’a pas atteint le titre de « moujtahid » qui l’autoriserait à interpréter les textes sacrés. Ses partisans, qui se comptent par milliers dans la jeunesse déshéritée des banlieues de Bagdad et aussi parmi les jeunes mollahs attachés à la lignée Sadr, voient toutefois en lui le véritable héritier de son père, assassiné en 1999 par le régime de Saddam Hussein. Mais une importante frange de la hiérarchie religieuse lui reproche d’avoir lancé ses partisans aux trousses d’anciens baassistes et d’avoir liquidé, sans jugement, l’assassin de son père.
Disciple de l’ayatollah iranien Kazem al-Haïri, installé en Iran, il n’en est pas moins partisan d’une marjaiya (direction religieuse chiite) irakienne.
Grand et imposant, le visage rond, ce jeune barbu a le don d’enflammer les fidèles par un discours politique simple, émaillé de références religieuses.
Il a gardé une intonation iranienne, vestige de l’influence des différents dignitaires iraniens ou pakistanais qui se sont succédé dans les écoles religieuses de Najaf.
Parmi les valeurs défendues par son père, mais aussi par son oncle Mohammed Baqer, également assassiné par le régime de Saddam Hussein en 1980, il revendique en particulier « le martyre au service de l’islam ».
À la différence de la réserve politique qui caractérise la marjaiya de Najaf, avec les ayatollahs « quiétistes » Ali Sistani ou Bachir al-Najafi, Moqtada Sadr prône « la parole » comme moyen de mobilisation des musulmans. C’est ainsi qu’il a repris les prières du vendredi en avril 2003, moins de deux semaines après le renversement de Saddam Hussein, alors que les hautes instances religieuses considéraient les prêches prématurés tant que les oulémas ne pouvaient s’exprimer librement. Chez les chiites, la prière du vendredi avait été interrompue durant la dictature baassiste. Son père, avant lui, avait utilisé cette tribune pendant 11 mois en 1998 avant d’être assassiné.
Selon les proches de Moqtada Sadr, la mort de son père et de ses deux frères Moamel et Moustafa, tués par des hommes armés à Najaf, l’a profondément marqué. Il a ensuite vécu en résidence surveillée avec sa mère et son frère Mortada.
Ne parlant aucune langue étrangère, ce jeune cheikh a entrepris un seul voyage dans sa vie : il s’est rendu en juin 2003 en Iran pour l’anniversaire de la mort de l’ayatollah Ruhollah Khomeyni.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Moqtada Sadr est un jeune chef radical dont l’activisme dérange jusqu’aux plus hautes autorités irakiennes. Le chef du gouvernement intérimaire Iyad Allaoui, qui l’avait récemment invité à participer aux élections générales prévues au plus tard en janvier 2005, a d’ailleurs sommé jeudi ses miliciens de déposer les armes et de quitter le mausolée de l’imam Ali à Najaf.
Moqtada Sadr est en effet à la tête d’une milice de plusieurs milliers d’hommes, l’Armée du mehdi. S’appuyant sur le legs de son père Mohammed Sadek Sadr, un dignitaire respecté par les chiites irakiens, il se dit farouche opposant à l’occupation américaine en Irak.
Têtu et parfois nerveux selon ses collaborateurs, ce sayyed (descendant du Prophète) de 30 ans n’a pas atteint le titre de « moujtahid » qui l’autoriserait à...