L’économie française poursuit son rebond entamé au printemps, selon les dernières enquêtes publiées hier, mais cette reprise devrait rester modérée en raison des incertitudes des entreprises, qui hésitent encore à investir, et des ménages, inquiets face à la persistance du chômage.
Au mois de juin, la production industrielle française (hors construction) a augmenté de 0,2 % par rapport à mai, tandis que la production manufacturière (hors énergie et industrie agricoles et alimentaires) a progressé de 0,4 %, a annoncé hier l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), qui a également revu à la hausse ses chiffres de mai.
« Cette croissance encourageante, de l’ordre de 4 % en rythme annuel, confirme la nette tendance à la reprise de l’économie française, qui devrait ainsi connaître une croissance de l’ordre de 2,5 % en 2004 », estime Henri Sterdyniak, de l’Observatoire français des conjonctures économiques.
Mais les économistes ne crient pas pour autant victoire. Plusieurs incertitudes continuent de peser sur les trois piliers de la croissance française que sont la consommation des ménages, les exportations et l’investissement des entreprises.
La consommation devrait rester le principal moteur de l’économie française cette année. Mais « les ménages sont toujours inquiets face à un chômage proche des 10 % », et ce, malgré les mesures de relance annoncées par le ministre des Finances Nicolas Sarkozy, tempère Henri Sterdyniak.
Quant aux exportations françaises, « elles restent handicapées par la force de l’euro », note-t-il.
La tenue de la monnaie européenne a en revanche l’avantage de baisser le prix des importations des entreprises françaises, renforçant une compétitivité déjà nourrie par les ajustements d’effectifs opérés ces deux dernières années.
« Les entreprises n’utilisent leur capacité de production qu’à 83 % », précise M. Sterdyniak.
Ainsi, si le moral des patrons de PME françaises a continué de s’améliorer en juillet avec des perspectives de rentabilité bien orientées, leur confiance reste fragile, a souligné hier l’enquête mensuelle de conjoncture AFP-BPLG.
La reprise française modérée contraste avec les résultats florissants affichés ces derniers temps par plusieurs grands groupes français (Axa, Renault, PSA, Total, Arcelor, Schneider Electric, Saint-Gobain, Alcatel...).
« Mais encore faut-il, pour que cela serve à la croissance française, que ces entreprises ne redistribuent par la majeure partie de leurs bénéfices aux actionnaires, et qu’elles investissent ensuite en Europe, et pas en Asie ou dans les pays de l’Est », note M. Sterdyniak.
Début août, le groupe d’assurances Axa a ainsi indiqué que son résultat net de 1,44 milliard d’euros au premier semestre 2004, en hausse de 590 %, servirait notamment à augmenter sa participation dans ses filiales d’Asie-Pacifique.
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