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Actualités - Chronologie

JO Les athlètes irakiens vont à Athènes excités et le trac au ventre

Les 29 athlètes olympiques irakiens partent à Athènes excités et le trac au ventre, conscients qu’ils devront porter haut les couleurs de l’Irak, au-delà des drames qui endeuillent quotidiennement le pays. « Je suis très heureuse, et en même temps j’ai très peur », déclare Alaa Hekmat, sprinteuse sur 100 et 200 m, lors d’une cérémonie organisée jeudi par le Comité olympique irakien pour le départ de la délégation. « C’est la première fois que je pars à l’étranger, et je suis la seule femme de la délégation, c’est une grande responsabilité », explique à l’AFP cette jeune fille de 19 ans, devenue ces derniers mois le porte-drapeau du sport irakien. « J’espère bien remporter quelque chose, je sais que je représente mon pays, que les gens me regardent, ce n’est pas facile », confie-t-elle, alors qu’un orchestre, vestes blanches à brandebourgs rouges, joue des valses autrichiennes, dans la salle multisports Saddam-Hussein, débaptisée après la chute du dictateur en avril 2003. « J’ai un double souhait », explique pour sa part le président du Comité olympique irakien, Ahmed el-Hajjiya Samarraï. Premièrement, voir notre délégation, avec le drapeau irakien, défiler en paix avec les autres pays », et deuxièmement, « remporter une médaille, et nos espoirs résident surtout dans le football et l’haltérophilie ». C’est dans ces deux disciplines que l’Irak a décroché deux qualifications pour les Jeux d’Athènes (13-29 août) avec, dans la seconde, Ali Abdel Mounem Mohammed (56 kg). L’Irak sera présent dans cinq autres disciplines en tant qu’invité : natation, athlétisme, taekwondo, boxe et judo. « L’équipe de football, on nous appelle l’équipe de l’avenir », explique fièrement Bassem Abbas, 23 ans, arrière gauche. « Je suis triste quand je vois tout ce qui se passe ici, nous aimons tellement notre pays, dit-il. Mais je suis optimiste, il y aura un jour un nouvel Irak, et les gens du comité olympique vont améliorer la situation du sport en Irak », espère-t-il. Sous l’ancien régime, le comité olympique était la chasse gardée de Oudaï Saddam Hussein, le fils aîné du président déchu, qui avait pour habitude de terroriser les athlètes, et même de les faire torturer lorsque les performances n’étaient pas au rendez-vous. Depuis que l’Irak participe aux Jeux olympiques, en 1948, ce pays n’a remporté qu’une seule médaille, en bronze, en 1960 à Rome, avec l’haltérophile Aziz Abdel Wahed. Pas facile de s’entraîner dans un pays à reconstruire, où le quotidien est fait d’attentats, de pannes de courant et de transports publics délabrés. « J’ai eu des problèmes, mais c’est fini, tout va bien, tout est parfait maintenant », se défend Alaa Hekmat, lorsqu’on l’interroge sur ce chapitre. La jeune athlète avait raconté à la presse qu’elle manquait de tout pour s’entraîner, d’une bonne piste comme d’une bonne paire de crampons. Ce que confirme sa mère, Hanna Hamid : « Tous les équipements ont été détruits pendant la guerre, il y avait des problèmes de transport, elle n’avait pas de bonnes chaussures. Finalement, le comité olympique l’a aidée, y compris financièrement », dit-elle. « J’espère que mon fils rencontrera d’abord les Français, ce sont les meilleurs en Europe, souhaite pour sa part le père du seul boxeur qui se rend à Athènes, Najah Salah (48 kilos). C’est ce que j’ai demandé à Dieu. « Il va porter haut le nom de son pays, nous sommes fiers, déclare sa mère, le visage serré dans un voile. Il y a quatre mois qu’il est parti, et en ce moment, il s’entraîne aux États-Unis. J’espère bien le voir à la télévision. »
Les 29 athlètes olympiques irakiens partent à Athènes excités et le trac au ventre, conscients qu’ils devront porter haut les couleurs de l’Irak, au-delà des drames qui endeuillent quotidiennement le pays.
« Je suis très heureuse, et en même temps j’ai très peur », déclare Alaa Hekmat, sprinteuse sur 100 et 200 m, lors d’une cérémonie organisée jeudi par le Comité olympique irakien pour le départ de la délégation.
« C’est la première fois que je pars à l’étranger, et je suis la seule femme de la délégation, c’est une grande responsabilité », explique à l’AFP cette jeune fille de 19 ans, devenue ces derniers mois le porte-drapeau du sport irakien.
« J’espère bien remporter quelque chose, je sais que je représente mon pays, que les gens me regardent, ce n’est pas facile »,...