Les autorités saoudiennes ont accusé l’opposition islamiste en exil d’être impliquée dans l’attentat sanglant de Yanbu, qui a tué samedi dix personnes dont cinq Occidentaux, tout en évoquant la piste d’el-Qaëda.
L’un des auteurs de l’attentat perpétré samedi dans la ville industrielle de Yanbu (Ouest) est « Moustapha Abdel Kader al-Ansari, un Saoudien qui avait quitté le royaume en 1994 » pour rejoindre l’opposition islamiste basée à Londres, a annoncé lundi soir le ministère de l’Intérieur. Selon le responsable, « Moustapha Abdel Kader al-Ansari, recherché par les services de sécurité, s’est infiltré récemment dans le royaume d’une manière illégale pour exécuter des plans ignobles ». Ce responsable a précisé que les quatre auteurs de l’attentat étaient membres d’une même famille, les Ansari. « (Moustapha Abdel Kader al-Ansari) s’était alors associé à Saad Faqih et Mohammed al-Massari dans leur comité suspect », a ajouté un responsable du ministère dans un communiqué, en référence au Comité de défense des droits légitimes (CDDL). Cette association d’inspiration islamiste, fondée en 1993 par des universitaires et des religieux, reproche au régime saoudien sa « corruption et ses méthodes anti-démocratiques ». Le CDDL avait été interdit aussitôt après sa création et son porte-parole, Mohammed al-Massari, s’était réfugié en Grande-Bretagne en 1994. Depuis 1996, Saad Faqih dirige, depuis Londres, le Mouvement islamique pour la réforme en Arabie (Mira), né d’une scission au sein du CDDL.
Le prince Saoud al-Fayçal, ministre des Affaires étrangères saoudien, a par ailleurs accusé ces opposants islamistes en exil d’être associés à des parties liées à Israël. « Saad Faqih et Mohammed al-Massari n’ont aucun poids, et ils sont connus pour avoir des contacts, et même une forme de financement, avec des parties liées à Israël », a néanmoins ajouté le prince lors d’une conférence de presse à Djeddah.
Le responsable saoudien du ministère de l’Intérieur n’a également pas accusé formellement l’opposition dans l’attentat de samedi, mais il n’a pas non plus fait référence aux « groupes déviants », expression utilisée généralement par les autorités pour désigner les islamistes radicaux, auxquels ont été attribués les attentats meurtriers qui ont secoué l’Arabie ces derniers mois.
En octobre, l’Arabie avait averti qu’elle ne tolérerait aucune activité inspirée par l’opposition en exil, qui dénonce régulièrement les abus du régime saoudien. Quelque 340 personnes avaient alors été interpellées pour avoir participé à des manifestations organisées à l’appel du Mira, à Ryad et dans d’autres villes.
Le Mira s’est défendu hier de toute implication dans l’attentat de Yanbu et a affirmé suivre une politique « pacifique ».
Le ministre saoudien de l’Intérieur Nayef ben Abdel Aziz a en outre évoqué la piste d’el-Qaëda, sans pouvoir la confirmer dans l’immédiat, dans l’attentat de Yanbu, à son arrivée lundi au Koweït pour signer, avec ses homologues arabes du Golfe, un pacte antiterroriste.
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L’un des auteurs de l’attentat perpétré samedi dans la ville industrielle de Yanbu (Ouest) est « Moustapha Abdel Kader al-Ansari, un Saoudien qui avait quitté le royaume en 1994 » pour rejoindre l’opposition islamiste basée à Londres, a annoncé lundi soir le ministère de l’Intérieur. Selon le responsable, « Moustapha Abdel Kader al-Ansari, recherché par les services de sécurité, s’est infiltré récemment dans le royaume d’une manière illégale pour exécuter des plans ignobles ». Ce responsable a précisé que les quatre auteurs de l’attentat étaient membres d’une même famille,...