Lyon, triple tenant du titre de la Ligue 1, tentera en 2004-05 de rejoindre dans l’histoire du football français Saint-Étienne et Marseille, seules équipes à avoir remporté quatre championnats consécutifs, l’OM étant l’un de ses adversaires les plus dangereux. Pratiquement au même niveau que Marseille, dégagé contre son gré de toute obligation européenne, on retrouve le Paris-SG et Monaco, très actifs eux aussi sur le marché des transferts mais qui devront concilier les fatigues d’un parcours continental et les contraintes d’un calendrier national surchargé.
Les trois promus, Saint-Étienne, Caen et Istres, la 67e équipe à tenter l’aventure de la Ligue 1, auront surtout à cœur de prendre leurs marques, de s’installer durablement dans l’élite. En fait, le championnat de France, souvent décrié, a démontré la saison dernière avec deux finalistes européens (Monaco en C1 et Marseille en C3) qu’il n’avait rien à envier à ses principaux rivaux européens.
Crédibilité
Signe de la valeur de la L1, le temps des équipes révélations semble être révolu. Comme en Italie, en Angleterre et en Espagne, où les prétendants se comptent sur les doigts d’une main, les deux Olympiques, Marseille et Lyon, mais aussi Monaco, qui a profité de la crédibilité de Didier Deschamps pour combler la vague de départs, et l’ambitieux Paris-SG, qui reconstruit avec patience, semblent être les seules formations en mesure de postuler au titre.
Confronté à des difficultés financières, Lyon a laissé partir plusieurs gros salaires à l’image des Carrière, Dhorasoo, Edmilson, Luyindula, dégarnissant ainsi son banc, ce qui pourrait faire singulièrement défaut si l’OL confirme son parcours européen de la saison dernière (quart de finaliste). Pour compenser, Paul Le Guen a jeté son dévolu sur le solide Abidal, l’opportuniste Frau et sur des jeunes issus du centre de formation. Mais il faut s’attendre à d’autres mouvements, notamment dans le secteur offensif. Marseille, quant à lui, a profité de la manne du transfert de Drogba à Chelsea (37,5 millions d’euros) pour s’offrir une pléiade d’internationaux (Dehu, Lizarazu, Pedretti, Bruno Cheyrou, Luyindula et le Brésilien Eduardo Costa).
Le problème de José Anigo sera de faire prendre rapidement la mayonnaise, d’autant plus que l’OM joue trois fois à domicile en août et que le public du Vélodrome risque d’être sans pitié en cas de contre-performance. Vice-champion de France l’an dernier et vainqueur de la Coupe de France, le PSG ne s’est fixé qu’un seul objectif : faire mieux que la saison passée.
Les départs de Déhu, Heinze et Sorin ont été compensés par les arrivées de Armand, Yepes et Ateba alors que Jérôme Rothen a toutes les qualités pour devenir le nouveau « chouchou » du Parc. Reste le cas Pauleta, auteur d’un Euro décevant et qui a besoin de retrouver sa confiance.
Spécial Calcio
Avec les départs de Giuly, Rothen, Prso et Morientes, et celui annoncé de Deschamps à la Juventus Turin, on voyait déjà le vice-champion d’Europe condamné à jouer les seconds rôles. Mais, finalement, Deschamps est resté et Svara, le président intérimaire, a cédé sa place au riche homme d’affaires Michel Pastor. Résultat : Deschamps a sorti son carnet d’adresses « spécial Calcio » et a fait venir les buteurs Chevanton (Lecce) et Kallon (Inter Milan). L’espoir brésilien Maicon, qui vient de remporter la Copa America, a également rejoint la défense de l’ASM. L’arrivée d’un meneur de niveau international semblant en outre imminente, il faudra compter une nouvelle fois sur les hommes du Rocher. Derrière ce quatuor, le trou s’est creusé. On retrouve en effet une dizaine d’équipes pratiquement au même niveau, pouvant aussi bien prétendre à une place européenne qu’à la lutte dans le bas du tableau.
Cela pourrait être le cas d’Auxerre, qui va devoir refaire ses gammes après le départ de sa génération de surdoués (Boumsong, Mexès, Kapo et Cissé) alors que Lens, auteur d’un recrutement très judicieux, peut raisonnablement postuler au haut du tableau.
Rennes, qui a fini la saison dernière en boulet de canon, Toulouse avec Moreira et Stéphane Dalmat, Bordeaux, qui mise sur un délicat cocktail de jeunes et de joueurs expérimentés, sont autant d’inconnues.
En fait, ce championnat s’annonce une nouvelle fois très ouvert et devrait permettre de maintenir une moyenne supérieure à 20 000 spectateurs par rencontre, d’autant plus facilement que le peuple vert de Saint-Étienne est de retour en L1.
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Les trois promus, Saint-Étienne, Caen et Istres, la 67e équipe à tenter l’aventure de la Ligue 1, auront surtout à cœur de prendre leurs marques, de s’installer durablement dans l’élite. En fait, le championnat de France, souvent décrié, a...