Le football uruguayen traverse une des plus graves crises de son histoire, les joueurs observant depuis le 25 juin un mouvement de grève, en raison de problèmes économiques, qui bloque pour l’instant le championnat et menace à court terme les matches de la sélection.
Les footballeurs professionnels uruguayens ont lancé leur mouvement de grève, pour une durée indéterminée, en raison du non-respect par les clubs, notamment de deuxième division, des accords salariaux sur des salaires minimum passés en janvier dernier avec la fédération uruguayenne (AUF). À la suite de la crise économique qui a frappé le pays en 2002, un premier mouvement de grève avait en effet retardé d’un mois le début du championnat en janvier dernier qui avait repris après l’élaboration d’une grille de salaire minimum sur trois ans négociée avec la fédération. Cet accord prévoyait notamment le versement d’un salaire minimum garanti de 300 dollars (245 euros) en 2004, 340 dollars (277 euros) en 2005 et 410 dollars (334 euros) en 2006 pour les footballeurs professionnels de plus de 21 ans.
Or, plusieurs joueurs évoluant en deuxième division ne perçoivent plus depuis plusieurs mois des salaires de l’ordre de 120 dollars (100 euros).
En fait, en raison de la crise, cet accord n’a jamais pu être respecté par la majorité des clubs. Même les deux clubs historiques du pays, Nacional et Penarol, qui trustent la quasi-totalité des trophées nationaux, réclament désormais une « restructuration en profondeur » garantissant « des meilleures recettes » dans la mesure où, aujourd’hui, « l’addition de toutes les recettes (droits TV, guichets, sponsors) ne couvre pas les frais ».
Situation bloquée
Par ailleurs, le professionnalisme est très aléatoire en Uruguay, un pays qui compte 39 clubs pour 3,4 millions d’habitants et qui est dominé par un monopole privé qui contrôle tous les transferts et les principales retombées commerciales.
Le syndicat des footballeurs professionnels (MUPF), dans un geste « de bonne volonté », avait suspendu son mouvement pendant quinze jours, du 10 au 24 juillet. Mais il a décidé de le reprendre et menace désormais de l’étendre à l’équipe nationale, demi-finaliste de la dernière Copa America, la vitrine d’un football deux fois vainqueur de la Coupe du monde (1930, 1950). La situation semble d’autant plus bloquée que le président de l’AUF, Eugenio Figueredo, également vice-président de la Confédération sud-américaine de football (Conmebol), estime qu’il ne peut être le président « d’une fédération qui ne joue pas au football ». « C’est la grève car on essaie de mettre en place une réforme totale du football qui ne sera jamais définitive », ajoute-t-il. De toute façon, selon l’entraîneur de Penarol, Diego Aguirre, ce mouvement « a déjà fait perdre tout le travail réalisé sur le plan physique pendant les six premiers mois de l’année et va singulièrement compliquer une reprise des activités des joueurs ».
L’Uruguay est actuellement 9e et avant-dernier de la poule unique de qualifications de la Conmebol pour le Mondial 2006 et doit recevoir l’Équateur début septembre dans un match de la dernière chance lors de la 8e journée.
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Les footballeurs professionnels uruguayens ont lancé leur mouvement de grève, pour une durée indéterminée, en raison du non-respect par les clubs, notamment de deuxième division, des accords salariaux sur des salaires minimum passés en janvier dernier avec la fédération uruguayenne (AUF). À la suite de la crise économique qui a frappé le pays en 2002, un premier mouvement de grève avait en effet retardé d’un mois le début du championnat en janvier dernier qui avait repris après l’élaboration d’une grille de salaire minimum sur trois ans...