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Actualités - Chronologie

Recyclage Quand la crotte d’éléphant trouve le chemin de la Maison-Blanche

L’argent n’a pas d’odeur, c’est bien connu, et ce n’est pas la société Maximus, une entreprise sri lankaise spécialisée dans le recyclage de la crotte d’éléphant pour en faire du papier, qui démentira le proverbe. Maximus affirme même avoir réussi à écouler un échantillon de sa production auprès du président américain George W. Bush, de sa femme Laura et du secrétaire d’État Colin Powell. La société traite deux tonnes de déjection de pachydermes par jour, tout juste assez pour alimenter une demande – croissante au Japon, en Europe et aux États-Unis – de ce papier composé à 75% de la matière première animale et d’un quart de carton recyclé. « Quand vous donnez une carte de visite imprimée sur papier à base de crotte, on y porte tout de suite le nez. Ça brise la glace », assure Thusitha Ranasinghe, patron de Maximus. En fait, le papier désodorisé n’a plus de parfum. Mais, assure-t-il, un connaisseur peut dire ce que l’éléphant a mangé à l’examen des fibres. Des exemplaires du papier en crotte d’éléphants ont été offerts, selon lui, à des poids lourds d’une autre sorte : les dirigeants américains, lors d’une visite aux États-Unis en juillet 2002 du Premier ministre sri lankais de l’époque, Ranil Wickremesinghe. L’entreprise peut surprendre, mais les affaires marchent. Lancée en 1997, Maximus est passée de sept à 122 employés et son chiffre d’affaires a atteint l’an dernier 19 millions de roupies (200 000 dollars). L’accès à la matière première est facilité par la localisation de la société près d’un orphelinat d’État pour éléphants qui abrite une soixantaine d’animaux. Dix kilos de leurs crottes produisent de 600 à 660 feuilles format A4, vendues au prix de 50 cents les six. « Quatre-vingt dix pour cent de notre production est exportée, nous pourrions faire plus si nous avions davantage de papiers », dit M. Ranasinghe. Pour cela, il faudrait exploiter l’Est et le Nord du Sri Lanka où l’on trouve des éléphants en abondance mais qui sont contrôlés par les rebelles tamouls. M. Ranasinghe a contacté les Tigres de libération de l’eelam tamoul et ne désespère pas de les convaincre de se recycler dans la production de papier. L’entrepreneur imprime d’ailleurs des cartes de visite pour leur chef, Velupillai Prabhakaran, et ses lieutenants.

L’argent n’a pas d’odeur, c’est bien connu, et ce n’est pas la société Maximus, une entreprise sri lankaise spécialisée dans le recyclage de la crotte d’éléphant pour en faire du papier, qui démentira le proverbe. Maximus affirme même avoir réussi à écouler un échantillon de sa production auprès du président américain George W. Bush, de sa femme Laura et du secrétaire d’État Colin Powell. La société traite deux tonnes de déjection de pachydermes par jour, tout juste assez pour alimenter une demande – croissante au Japon, en Europe et aux États-Unis – de ce papier composé à 75% de la matière première animale et d’un quart de carton recyclé. « Quand vous donnez une carte de visite imprimée sur papier à base de crotte, on y porte tout de suite le nez. Ça brise la glace », assure Thusitha...