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Actualités - Chronologie

Londres s’efforce de neutraliser les critiques d’anciens diplomates

Le gouvernement britannique tentait tant bien que mal hier de neutraliser l’initiative sans précédent de 52 ex-diplomates qui ont sévèrement critiqué la politique suivie au Proche et Moyen-Orient par le Premier ministre Tony Blair. Dans une lettre adressée à Tony Blair lundi, les signataires écrivent avoir « observé avec une préoccupation croissante » l’alignement de plus en plus fréquent de la Grande-Bretagne sur la politique du président américain George W. Bush à propos de l’Irak et du conflit israélo-palestinien. Les signataires – parmi lesquels Oliver Miles, ancien ambassadeur à Athènes, sir Terence Clark, ex-ambassadeur à Bagdad, et sir Crispin Tickell, ex-ambassadeur à l’Onu – appellent M. Blair à tenter d’infléchir la politique « vouée à l’échec » des États-Unis au Proche et au Moyen-Orient, ou à cesser de la soutenir. « Ces personnes sont maintenant des citoyens lambda. Ils ont parfaitement le droit d’exprimer les idées qu’ils veulent », a commenté un porte-parole de Downing Street, visiblement embarrassé. La démarche des anciens diplomates est « l’expression d’une frustration devant des choses qui n’avancent pas aussi vite que nous le souhaiterions, sur le Proche-Orient en particulier », a pour sa part affirmé le secrétaire d’État aux Affaires étrangères Mike O’Brien. « Je ne vois pas bien où ils veulent en venir », a-t-il dit à la BBC. « Notre position n’a pas changé. Nous n’acceptons pas le fait que les colonies (juives) ont le droit de rester en Cisjordanie. » « Nous devons être réalistes, a poursuivi M. O’Brien. Nous pouvons influencer les États-Unis, mais nous ne pouvons pas contrôler la superpuissance. Ils écoutent notre diplomatie discrète, mais ils ont aussi la leur. » L’un des signataires de cette lettre, David Colvin, émet un avis quelque peu différent. « La goutte d’eau », explique-t-il, a été le soutien de M. Bush au plan présenté le 15 avril par le Premier ministre israélien Ariel Sharon. « Il (George Bush) sanctionne de fait l’acquisition d’un territoire par la force », a déclaré M. Colvin, qui a notamment été ambassadeur du Royaume-Uni à Bruxelles. « La solution des deux États (Israël/Palestine) est bonne mais (pas) si l’un des deux est une sorte de bantoustan morcelé, lardé de colonies » juives, souligne David Colvin. Le sentiment exprimé par les anciens diplomates est semble-t-il largement partagé par leurs collègues encore en activité, mais qui sont tenus à une obligation de réserve. « Il y a beaucoup de mécontentement » chez les diplomates britanniques, insiste l’un d’entre eux, sous le couvert de l’anonymat. « Je suis à peu près sûr que ce qui a été exprimé reflète un consensus au sein du Foreign Office ». Cette lettre est un nouveau coup sévère porté contre la politique étrangère de Tony Blair. « C’est sans précédent, a noté le député travailliste Tam Dalyell, doyen de la Chambre des communes. Au cours de mes 41 ans comme député, je n’ai jamais rien vu de tel. » Le chef de l’opposition conservatrice, Michael Howard, a quant à lui déclaré que cette lettre « devait être traitée sérieusement ». Une seule initiative de ce type, quoique de portée infiniment moindre, a eu lieu dans le passé. C’était en 1979, lorsque l’ambassadeur du Royaume-Uni à Paris, sir Nico Henderson, avait évoqué le déclin de l’influence britannique dans un télégramme en principe confidentiel mais « fuité » aux médias.
Le gouvernement britannique tentait tant bien que mal hier de neutraliser l’initiative sans précédent de 52 ex-diplomates qui ont sévèrement critiqué la politique suivie au Proche et Moyen-Orient par le Premier ministre Tony Blair.
Dans une lettre adressée à Tony Blair lundi, les signataires écrivent avoir « observé avec une préoccupation croissante » l’alignement de plus en plus fréquent de la Grande-Bretagne sur la politique du président américain George W. Bush à propos de l’Irak et du conflit israélo-palestinien. Les signataires – parmi lesquels Oliver Miles, ancien ambassadeur à Athènes, sir Terence Clark, ex-ambassadeur à Bagdad, et sir Crispin Tickell, ex-ambassadeur à l’Onu – appellent M. Blair à tenter d’infléchir la politique « vouée à l’échec » des États-Unis au Proche et au...