Les Philippines pourraient payer
au prix fort leur retrait d’Irak
le 15 juillet 2004 à 00h00
Les Philippines pourraient payer au prix fort leur retrait d’Irak, entamé hier, et risquer non seulement une détérioration de leurs relations avec leur fidèle allié américain, mais également une mise au ban de la communauté internationale, ont averti des analystes. La présidente Gloria Arroyo a mis à mal la stature internationale de son pays en décidant d’entamer le retrait des 51 Philippins présents en Irak, comme l’exigent les ravisseurs d’un otage philippin menacé d’exécution. Mais elle a de plus placé dans une situation dangereuse le million de Philippins qui travaillent au Moyen-Orient, les terroristes sachant dorénavant que les prendre en otages peut s’avérer payant, pensent les observateurs.
« La décision a été difficile, c’est certain, mais c’est une erreur dramatique », écrit dans son éditorial de une le Manila Times, un des plus vieux journaux de l’archipel. « Le retrait... met à mal le leadership de la présidente Gloria Arroyo et la crédibilité des Philippines dans le monde », selon le quotidien. « Cela ne rend pas l’Irak plus sûr. Cela ne rend pas les vies de nos travailleurs plus sûres à Bagdad et dans les autres capitales du Moyen-Orient. La décision va même donner des ailes aux terroristes et mettre dans leur ordre du jour l’enlèvement de travailleurs philippins », assure le journal.
« Il y aura certainement des répercussions », croit Reynaldo Parungao, ancien ambassadeur des Philippines en Irak. « Nous avons des engagements internationaux, des obligations. Nous sommes signataires de nombreux accords et traités », a-t-il rappelé lors d’un entretien accordé à une chaîne de télévision locale.
Clarita Carlos, politologue à l’Université des Philippines, estime en revanche que Mme Arroyo a pris la bonne décision. « Nous devons montrer que nous sommes un pays souverain. Nous devons définir quel est notre intérêt national. Ce n’est pas au président américain George W. Bush de le faire. Peu importe si les Américains ne sont pas contents », lance-t-elle. Les experts s’accordent à penser que ce sont surtout les relations avec les États-Unis, dont Manille passait pour un des plus fidèles alliés en Asie du Sud-Est, qui pourraient pâtir du désengagement irakien.
L’Australie, qui vient au contraire d’envoyer des renforts pour ses quelque 800 soldats en Irak, avait « fermement exhorté » Manille à ne pas céder. « Si les pays cèdent aux terroristes, cela ne fera que les encourager à enlever plus d’otages », a déclaré un porte-parole du ministère australien des Affaires étrangères.
Les Philippines pourraient payer au prix fort leur retrait d’Irak, entamé hier, et risquer non seulement une détérioration de leurs relations avec leur fidèle allié américain, mais également une mise au ban de la communauté internationale, ont averti des analystes. La présidente Gloria Arroyo a mis à mal la stature internationale de son pays en décidant d’entamer le retrait des 51 Philippins présents en Irak, comme l’exigent les ravisseurs d’un otage philippin menacé d’exécution. Mais elle a de plus placé dans une situation dangereuse le million de Philippins qui travaillent au Moyen-Orient, les terroristes sachant dorénavant que les prendre en otages peut s’avérer payant, pensent les observateurs.
« La décision a été difficile, c’est certain, mais c’est une erreur dramatique », écrit dans son...
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