Rechercher
Rechercher

Actualités

« Bonjour : c’est Cofidis »

Cofidis soigne un retour discret sur le Tour de France, tant aux arrivées qu’en coulisses, où la voix de son maître François Migraine s’est, depuis longtemps, tue. À Wasquehal, à quelques encablures du siège social de la société de crédit par téléphone, le PDG a brillé par son absence à l’arrivée de la 3e étape. « Il avait une réunion importante avec Trois Suisses International », selon l’entourage. Hier à Cambrai, alors que le car de la formation avait été un des premiers à s’aligner sur la grand-place, le tout-puissant de l’équipe était encore introuvable. Annonçant pourtant sa venue pour suivre, aux fauteuils d’orchestre, les 64,5 km du contre-la-montre par équipes de ses protégés privés de la tête couronnée du chrono David Millar, le directeur sportif Francis Van Londersele avait laissé entendre que Migraine le prolixe, Migraine le passionné, ne « parlerait pas », qu’il avait « peur d’être assailli ». Heureusement donc pour la société nordiste, il est une voix féminine, amène et suave qui, pendant 3 429 kilomètres, va faire ses civilités en tête de course, au sein de la caravane publicitaire, avec cette simple phrase : « Bonjour, c’est Cofidis. » Des pépins accumulés, la fracture de la clavicule de Matthew White à l’échauffement du prologue, l’abandon sur chute de Frédéric Bessy au départ de la 3e étape, 7 chutes en 4 jours, la fesse râpée de Jimmy Casper, le corps couvert de mercurochrome de Stuart O’Grady, devant lequel s’est refermé un passage à niveau, la dame n’en a cure : elle s’entêtera à se présenter, déterminée, aux millions de spectateurs, lesquels seront alors bien loin des mises en examen pour affaire de dopage de Millar et Cédric Vasseur. Francis Van Londersele se retrouve ainsi seul à cumuler ses propres fonctions de mentor et celles du manageur général Alain Bondue, à jouer le porte-parole d’une formation qui conserve, envers et contre tout, la foi. Chemin faisant, le Picard « entendra » également David Millar (« très prochainement ») pour prendre une décision sur l’avenir du Britannique qui n’a plus droit de cité dans les conversations, le soir, autour de la table. « Personnellement, j’ai mis les affaires de côté, souligne l’équipier Jimmy Engoulvent. Quand on est professionnel, on doit faire son travail à cent pour cent, sans états d’âme. » Chacun dans la formation épouse ce postulat. À preuve, David Moncoutié, l’homme dont on attend un exploit en montagne, surtout dans le Massif central, évoque (sans entrain) « une bonne ambiance, sans problèmes ». Par chance, quelques nouvelles sont venues réchauffer le cœur de ce groupe, poursuivi par une sainte poisse : une intégration, l’an prochain, à l’UCI Pro Tour et un titre national du kilomètre sur piste d’Arnaud Tournant, prétexte à déboucher, respectivement, une bouteille de champagne puis une autre de vin. Ayant annoncé l’« An II de Cofidis », à l’heure du retour aux Quatre Jours de Dunkerque et au Tour de Picardie suite à trois semaines complètes d’arrêt auto- infligé, Francis Van Londersele ne veut pas songer à l’« An III », celui de l’après-Millar. « L’épisode Millar est, en fait, une conséquence de la première vague » ayant terrassé l’équipe et secoué le cyclisme dans son intégralité, note-t-il. « Nous allons continuer à donner le meilleur de nous-mêmes, payer de notre personne, nous montrer entreprenants, réagir avec enthousiasme et volonté. Nous essaierons de montrer le maillot et de nous employer dans la sérénité, insiste-t-il. Le groupe est solidaire et fermement décidé à ne pas s’en laisser compter malgré l’adversité. » Francis Van Londersele cherche les justes mots apaisants, alors que la fermeture de la porte du car est actionnée par un coureur, voulant en finir avec les curieux, sur ses simples mots : « Maintenant, ça va. Au revoir ! » Heureusement, demain, la voix se multipliera, encore et encore, le long des routes : « Bonjour, c’est Cofidis. »
Cofidis soigne un retour discret sur le Tour de France, tant aux arrivées qu’en coulisses, où la voix de son maître François Migraine s’est, depuis longtemps, tue.
À Wasquehal, à quelques encablures du siège social de la société de crédit par téléphone, le PDG a brillé par son absence à l’arrivée de la 3e étape. « Il avait une réunion importante avec Trois Suisses International », selon l’entourage.
Hier à Cambrai, alors que le car de la formation avait été un des premiers à s’aligner sur la grand-place, le tout-puissant de l’équipe était encore introuvable.
Annonçant pourtant sa venue pour suivre, aux fauteuils d’orchestre, les 64,5 km du contre-la-montre par équipes de ses protégés privés de la tête couronnée du chrono David Millar, le directeur sportif Francis Van Londersele avait...