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Actualités - Chronologie

Pris dans l’antre du lion, des Marines luttent pour leur survie

Le Marine entend un cri, relève le rideau de la fenêtre, pensant avoir affaire à une équipe de soldats américains venue le secourir, mais se retrouve face-à-face avec un rebelle de 20 ans, Kalachnikov en main. Mardi dernier, 16 Marines à bord d’un véhicule d’assaut qui tentaient d’échapper à un tireur embusqué se sont retrouvés par hasard face à 600 rebelles armés de lance-roquettes dans la rue principale de Falloujah. « Nous les avons pris par surprise. S’ils avaient été mieux organisés, ils nous auraient tués ou capturés », dit le sergent Sagredo. La bataille de trois heures qui s’en est suivie, l’une des plus importantes depuis le début du siège de Falloujah, a révélé une force de combat et une sophistication à laquelle les Marines ne s’attendaient pas. « Je peux voir maintenant que l’ennemi est très équipé. Ils peuvent communiquer et s’organiser très vite, comme nous », poursuit le sergent. « Ils n’ont pas peur de charger, ils en veulent. » La bataille a commencé vers 15h45 heure locale quand deux véhicules d’assaut se sont dirigés vers des positions de tireurs embusqués, au-delà de la ligne de front. Se retrouvant dans une impasse, le véhicule du sergent Sagredo a dû se diriger vers le sud. C’est là qu’ils sont tombés sur les 600 rebelles. Trois roquettes touchent leur véhicule, le chauffeur accélère. Puis une quatrième perfore le blindage, arrachant un morceau de la jambe du lieutenant Christopher Ayles, et vient heurter le moteur qui s’enflamme. Le tankiste, le caporal Kevin Kolm, est piégé dans sa tourelle. Le chauffeur dirige alors le véhicule vers une rue baptisée par les Marines « L’allée des tarés ». Tandis que la fumée sort du véhicule, les Marines positionnés sur le toit répliquent aux rebelles qui les poursuivent. Le blindé tombe finalement en panne. Le sergent Sagredo et un caporal aident le soldat blessé à s’extraire du véhicule, puis le transportent en courant vers une maison avoisinante où ils se réfugient. En partant, ils entendent crier le caporal Kolm, mais la porte de la tourelle est coincée. Ils ne peuvent rien pour lui. « Cela a été difficile de voir (le véhicule) brûler et exploser sachant qu’un Marine était à l’intérieur », dit le sergent, ajoutant : « Il a fondu comme un jouet. » Depuis leur refuge, les soldats continuent de tirer. Quelque 150 rebelles les encerclent à l’extérieur. « Ils étaient partout », raconte le Marine. La bâtisse de trois étages se retrouve alors sous le feu de tirs d’armes légères, de lance-roquettes, de grenades. Certains Marines sont sur le toit, d’autres au rez-de-chaussée. Ils ne leur restent que deux chargeurs. Un rebelle pénètre dans la cour. Le sergent Sagredo l’abat d’une balle dans la tête, une autre dans le cœur. Puis une balle atteint un tuyau de gaz : les Marines s’attendent à ce que la maison explose. C’est alors que 30 à 40 soldats américains, à bord de six véhicules blindés et de quatre chars, font irruption dans la rue pour venir à leur rescousse. À l’issue de la bataille, les Marines traînent le véhicule blindé calciné vers la base, le corps de leur camarade toujours à l’intérieur. Deux jours plus tard, le sergent Sagredo est bon pour une médaille. Mais il ne dort plus la nuit. « Pour être honnête, une médaille ne fera que me rappeler ce qui s’est passé. Or c’est quelque chose que je veux oublier », dit-il.
Le Marine entend un cri, relève le rideau de la fenêtre, pensant avoir affaire à une équipe de soldats américains venue le secourir, mais se retrouve face-à-face avec un rebelle de 20 ans, Kalachnikov en main.
Mardi dernier, 16 Marines à bord d’un véhicule d’assaut qui tentaient d’échapper à un tireur embusqué se sont retrouvés par hasard face à 600 rebelles armés de lance-roquettes dans la rue principale de Falloujah. « Nous les avons pris par surprise. S’ils avaient été mieux organisés, ils nous auraient tués ou capturés », dit le sergent Sagredo. La bataille de trois heures qui s’en est suivie, l’une des plus importantes depuis le début du siège de Falloujah, a révélé une force de combat et une sophistication à laquelle les Marines ne s’attendaient pas. « Je peux voir maintenant que...