Les 3es élections post-apartheid en Afrique du Sud ont démontré une loyauté indéfectible envers le parti libérateur, l’ANC, mais aussi des loyautés communautaires suggérant une politique sud-africaine toujours pas affranchie des lignes raciales.
Avec près de 70 % des voix et des élections si impeccables qu’Onu, Union européenne et Commonwealth n’ont pas cru nécessaire d’envoyer des observateurs, le Congrès national africain (ANC) signe, 10 ans après son arrivée au pouvoir, un succès avec peu d’équivalents chez les grands partis libérateurs africains.
La croissance régulière du score – 62,6 % en 1994, 66,4 % en 1999, près de 70 % aujourd’hui – dans un contexte de chômage en hausse (plus de 31 %) et de pauvreté persistante constitue même « une performance rarissime dans une démocratie moderne », s’étonnait le quotidien financier Business Day.
Dans les files d’attente d’électeurs du 14 avril, nombre de Sud-Africains, que leur sort se soit amélioré ou pas depuis 1994, qu’ils nourrissent ou pas une nostalgie du « vieil homme » (le premier président noir Nelson Mandela), avouaient sans manières une loyauté aveugle à l’ANC.
Pour 1,5 million de foyers (noirs surtout) dotés d’un toit par l’État depuis 1994, pour 5 millions raccordés au réseau électrique, pour des millions ayant vu arriver un point d’eau courante à proximité, il fait peu de doute que la fidélité historique s’est doublée de gratitude.
Pour des millions d’autres englués dans la pauvreté, impatients, frustrés, l’espoir d’être dans le prochain train de bénéficiaires (d’un toit, d’une aide sociale, d’un service), ou l’absence d’alternative évidente dans l’opposition, ont conduit au même bulletin dans l’urne.
D’où le sentiment, après 10 ans de démocratie, d’un paysage politique inchangé, avec un grand parti dominant, l’ANC, et des partis d’opposition « qui dans l’ensemble continuent de se cannibaliser l’un l’autre sans arriver à faire baisser l’ANC », constate Vincent Maphai, analyste politique indépendant.
Certains seuils politico-raciaux sont encore trop difficiles à franchir pour les Sud-Africains, que ce soit la majorité noire, ou les minorités blanche, métisse, indienne, conviennent la plupart des analystes. Et pour les partis, la confiance de l’autre communauté se gagne au compte-gouttes.
La province du Cap occidental illustre à la perfection ces loyautés politico-raciales têtues. « Ce que le résultat au Cap occidental nous enseigne, c’est que les Sud-Africains votent encore le long de lignes d’identité raciales », estime Breytenbach.
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Avec près de 70 % des voix et des élections si impeccables qu’Onu, Union européenne et Commonwealth n’ont pas cru nécessaire d’envoyer des observateurs, le Congrès national africain (ANC) signe, 10 ans après son arrivée au pouvoir, un succès avec peu d’équivalents chez les grands partis libérateurs africains.
La croissance régulière du score – 62,6 % en 1994, 66,4 % en 1999, près de 70 % aujourd’hui – dans un contexte de chômage en hausse (plus de 31 %) et de pauvreté persistante constitue même « une performance rarissime dans une démocratie moderne »,...