L’Iran rappelle qu’il a son mot
à dire dans la région
le 24 juin 2004 à 00h00
La capture par l’Iran de huit soldats britanniques rappelle à une communauté internationale, qui menacerait de devenir trop pressante dans les prochains mois, la faculté de la République islamique de brouiller les affaires régionales et notamment irakiennes.
Cet incident, le plus grave sur la frontière avec l’Iran depuis la chute de Saddam Hussein, a immédiatement été mis en rapport avec le surcroît de pression exercé par l’Agence internationale de l’énergie atomique et les Européens sur la République islamique. L’AIEA avait adopté vendredi dernier une résolution pressant l’Iran de coopérer plus qu’il ne l’a fait jusqu’alors pour établir qu’il ne met pas secrètement au point la bombe atomique. Or le texte a été présenté par l’Allemagne, la France, mais aussi la Grande-Bretagne qui, elle, participe à l’occupation du voisin irakien de la République islamique et qui doit à présent négocier la libération de ses huit soldats. Deux jours plus tard, l’Union européenne a publié une déclaration très sévère sur les droits de l’homme en Iran. La République islamique, inquiète que son dossier nucléaire ne soit envoyé devant le Conseil de sécurité des Nations unies comme le voudraient les États-Unis, a-t-elle voulu prévenir la Grande-Bretagne et son allié américain qu’elle pouvait troubler encore plus les eaux irakiennes que Washington ne l’accuse déjà de le faire ?
« Ce n’est pas une coïncidence, indique un diplomate au fait des affaires iraniennes. C’est la façon d’opérer des Iraniens et le message sera clair si les soldats sont libérés rapidement : si vous en faites trop à Vienne, nous pouvons causer des problèmes en Irak. »
Un autre diplomate objecte que l’Iran a certes très mal pris la récente résolution de l’AIEA, mais que celle-ci n’est pas la première, et que l’Iran peut très bien répliquer, plus lisiblement, en mettant à exécution sa menace de reprendre une partie de ses activités relatives à l’enrichissement d’uranium.
La complexité du pouvoir iranien rend le décryptage difficile. Les soldats britanniques ont été arrêtés par les Gardiens de la révolution, un des piliers ultraconservateurs du régime, les mêmes qui ont imposé au gouvernement par leur coup de main la fermeture du nouvel aéroport international de Téhéran. Les Gardiens de la révolution ne sont pas forcément très éloignés de ceux qui réclament que l’Iran rompe avec l’AIEA et l’Union européenne.
La capture par l’Iran de huit soldats britanniques rappelle à une communauté internationale, qui menacerait de devenir trop pressante dans les prochains mois, la faculté de la République islamique de brouiller les affaires régionales et notamment irakiennes.
Cet incident, le plus grave sur la frontière avec l’Iran depuis la chute de Saddam Hussein, a immédiatement été mis en rapport avec le surcroît de pression exercé par l’Agence internationale de l’énergie atomique et les Européens sur la République islamique. L’AIEA avait adopté vendredi dernier une résolution pressant l’Iran de coopérer plus qu’il ne l’a fait jusqu’alors pour établir qu’il ne met pas secrètement au point la bombe atomique. Or le texte a été présenté par l’Allemagne, la France, mais aussi la Grande-Bretagne qui, elle,...
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