Le Premier ministre britannique Tony Blair sera demain à Washington pour soutenir son allié américain George W. Bush et former un front ferme face à la crise en Irak. « Nous sommes d’accord avec les Américains sur la stratégie et l’approche à adopter pour faire face à la situation en Irak », martèle Downing Street, sur fond de critiques naissantes en Grande-Bretagne des méthodes musclées de Washington en Irak.
Des centaines de civils irakiens ont été tués dans la ville de Falloujah en l’espace d’une semaine d’offensive américaine, tandis que la coalition a perdu plus de 70 soldats depuis le 1er avril et que les prises d’otages se multiplient.
L’entourage de Tony Blair, en parlant d’une rencontre de « routine », tente malgré tout de dédramatiser le déplacement du Premier ministre.
Tony Blair, en vacances aux Bermudes, arrive discrètement aux États-Unis dès aujourd’hui pour dîner à New York avec le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan. Il devrait plaider en faveur d’un rôle accru de l’organisation internationale en Irak, sans grand espoir toutefois d’y parvenir.
Kofi Annan a en effet souligné que la dégradation de la sécurité constituait une « contrainte majeure » dans la perspective d’un retour de l’Onu en Irak dans un avenir proche.
Le président américain George W. Bush a pour sa part affirmé devant la presse sa volonté de parvenir à « une autre résolution du Conseil de sécurité de l’Onu qui aiderait d’autres nations à participer » à la reconstruction de l’Irak. Malgré une situation confuse sur le terrain, MM. Blair, Annan et Bush écartent pour l’instant tout report du transfert de la souveraineté aux Irakiens, prévu le 30 juin.
La Grande-Bretagne et les États-Unis sont néanmoins en désaccord sur de nombreux points de la politique à mener en Irak, affirme un ancien conseiller américain de l’Autorité provisoire de la coalition à Bagdad, Michael Rubin. « Les Américains et les Britanniques sont en désaccord, principalement à cause de divergences sur la manière d’introduire la démocratie » en Irak, a déclaré cet ancien conseiller, qui a démissionné du Pentagone il y a dix jours, dans un entretien publié hier par le quotidien The Daily Telegraph. Selon M. Rubin, plusieurs responsables américains ont également été choqués par les tentatives des Britanniques d’exploiter leur présence dans le sud de l’Irak pour créer des liens entre l’Autorité provisoire et l’Iran. Reste à voir si le chef du gouvernement britannique tentera, à huis clos à Washington, d’infléchir la manière forte employée ces derniers jours par les militaires américains en Irak. Pour gagner des points auprès de son opinion publique, Tony Blair aurait besoin que Washington ait « une manière plus subtile de prendre contrôle de la situation en Irak », juge Dana Allin, un analyste de l’Institut international des études stratégiques à Londres. La position du gouvernement britannique est délicate. Il se garde bien de soutenir M. Bush dans sa campagne électorale contre les démocrates, qui sont plus proches du Parti travailliste britannique, mais aussi très critiques sur les informations utilisées pour tenter de justifier la guerre en Irak.
Le voyage de Tony Blair pourrait néanmoins faire gagner des points à M. Bush auprès de l’électorat centriste, jugent certains analystes politiques britanniques. Les deux dirigeants évoqueront également la situation de crise au Proche-Orient, deux jours après le passage à la Maison-Blanche du Premier ministre israélien Ariel Sharon, venu présenter son plan de retrait de la bande de Gaza.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Premier ministre britannique Tony Blair sera demain à Washington pour soutenir son allié américain George W. Bush et former un front ferme face à la crise en Irak. « Nous sommes d’accord avec les Américains sur la stratégie et l’approche à adopter pour faire face à la situation en Irak », martèle Downing Street, sur fond de critiques naissantes en Grande-Bretagne des méthodes musclées de Washington en Irak.
Des centaines de civils irakiens ont été tués dans la ville de Falloujah en l’espace d’une semaine d’offensive américaine, tandis que la coalition a perdu plus de 70 soldats depuis le 1er avril et que les prises d’otages se multiplient.
L’entourage de Tony Blair, en parlant d’une rencontre de « routine », tente malgré tout de dédramatiser le déplacement du Premier ministre.
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