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Actualités - Chronologie

Société Marc Dutroux face à son destin, cette semaine aux assises d’Arlon

Le pédophile Marc Dutroux, accusé d’une série de rapts, viols et assassinats de fillettes et adolescentes dont la découverte en 1996 avait écœuré la Belgique, sera fixé sur son sort dans les jours à venir après trois mois et demi de procès aux assises d’Arlon. Au terme de 15 semaines d’audiences entre horreur et émotion, mais qui n’auront apporté aucune révélation, les 12 jurés de la cour se retireront aujourd’hui au « Camp Bastin », une caserne proche d’Arlon, pour une délibération qui devrait durer plusieurs jours. Privés de tout contact avec le monde extérieur, ils ne sortiront de leur « quarantaine » qu’après avoir répondu « oui » ou « non » à 243 questions portant sur la culpabilité de Dutroux (47 ans) et de ses trois coaccusés. L’exercice promet d’être fastidieux pour des jurés qui, depuis l’ouverture du procès le 1er mars, ont vu défiler 569 témoins – un record en Belgique – et découvert les détails souvent insoutenables de la plus retentissante affaire criminelle de l’histoire du royaume. Sur la base d’un dossier lourd de 450 000 pages, ils ont désormais la lourde tâche de délivrer une « vérité judiciaire » dans une affaire où les zones d’ombre ne manquent pourtant pas. Ce n’est pas sur les charges les plus lourdes qui pèsent sur Marc Dutroux, celles d’assassinat (crime passible en Belgique de la prison à vie) que les débats à huis clos risquent d’être les plus longs. Bien qu’il se défende d’être un meurtrier, le dossier accable l’ancien ferrailleur de Charleroi pour les meurtres d’An Marchal et Eefje Lambrecks, deux adolescentes flamandes enlevées sur la côte belge en août 1995, et pour celui de son ancien complice, le truand français Bernard Weinstein. Selon les médecins légistes, An, Eefje et Weinstein ont été enterrés vivants dans les propriétés du pédophile, où leurs corps ont été retrouvés à l’été 1996. De même, les jurés devraient sans trop hésiter reconnaître Marc Dutroux coupable d’avoir enlevé, séquestré, violé et torturé An, Eefje, mais aussi Sabine Dardenne et Laetitia Delhez, deux jeunes filles libérées en août 1996, après l’arrestation de Dutroux, de leur cachot de Marcinelle. Il leur sera sans doute en revanche plus difficile de répondre aux questions concernant l’enlèvement le 24 juin 1995 près de Liège de Julie Lejeune et Melissa Russo, deux fillettes de 8 ans dont les corps ont également été exhumés un an plus tard d’un terrain appartenant au pédophile. Marc Dutroux reconnaît avoir séquestré Julie et Melissa dans l’ancienne citerne qu’il avait « aménagée » dans sa cave de Marcinelle. Il se dit aussi « responsable » de leur décès, tout en accablant son ex-épouse Michelle Martin pour les avoir laissé mourir de faim alors qu’il était lui-même en détention. Cependant, Dutroux, qui n’a pas été vu sur les lieux du rapt, impute celui-ci à ses deux autres voisins dans le box des accusés, Michel Lelièvre et Michel Nihoul, qui ne sont pourtant pas poursuivis pour cet enlèvement. La réponse à la question n° 57 est également très attendue, puisqu’elle concerne le rôle éventuel de Nihoul (63 ans), escroc patenté et amateur de « parties fines », dans l’enlèvement de Laetitia Delhez (14 ans à l’époque des faits) à Bertrix le 9 août 1996. Reconnaître Nihoul coupable de ce rapt, le seul qui lui est reproché et qu’il nie farouchement, reviendrait pour les jurés à accréditer l’existence de l’« association de malfaiteurs » Dutroux-Nihoul, ébauche du réseau pédophile à l’existence duquel a toujours cru une large part de l’opinion belge. Acquitter l’ancien « partouzard » bruxellois, ce serait au contraire fixer, probablement pour toujours, l’image d’un Dutroux « prédateur isolé ». Les peines seront prononcées à l’issue d’une seconde délibération, après celle sur la culpabilité.

Le pédophile Marc Dutroux, accusé d’une série de rapts, viols et assassinats de fillettes et adolescentes dont la découverte en 1996 avait écœuré la Belgique, sera fixé sur son sort dans les jours à venir après trois mois et demi de procès aux assises d’Arlon.
Au terme de 15 semaines d’audiences entre horreur et émotion, mais qui n’auront apporté aucune révélation, les 12 jurés de la cour se retireront aujourd’hui au « Camp Bastin », une caserne proche d’Arlon, pour une délibération qui devrait durer plusieurs jours. Privés de tout contact avec le monde extérieur, ils ne sortiront de leur « quarantaine » qu’après avoir répondu « oui » ou « non » à 243 questions portant sur la culpabilité de Dutroux (47 ans) et de ses trois coaccusés. L’exercice promet d’être fastidieux pour des...