Une quarantaine de pompiers et de policiers s’affairaient hier à Leganés, dans la banlieue de Madrid, autour d’une piscine au fond bleu ciel, jonchée de décombres et de morceaux de cadavres, au pied d’un appartement éventré.
C’est dans une copropriété de 112 appartements que cinq extrémistes islamistes, soupçonnés d’être impliqués dans les attentats du 11 mars à Madrid, se sont suicidés collectivement avec leur charge explosive tandis que la police donnait l’assaut samedi soir.
L’appartement qu’ils louaient depuis environ un mois au 1er étage, pour 900 euros, selon des voisins, a été complètement détruit ainsi que celui du dessus et l’autre logement du même palier, mais l’immeuble reste sur pied.
« C’étaient des Nord-Africains d’une trentaine d’années, très aimables mais on ne les voyait que très rarement. Ils n’étaient là que depuis un mois et leurs volets étaient toujours baissés. Ils ne les ouvraient jamais », a déclaré José, un voisin de la même copropriété, construite voici sept ans.
La violence de la déflagration a fait voler la façade de l’appartement sur trois côtés, projetant les corps dans la piscine en forme d’ellipse, alors pleine. « Nous l’avons vidée cette nuit », explique un pompier.
Mais c’est vers l’intérieur de la copropriété que les enquêteurs ont fixé leur attention, en recueillant un à un les indices et en les plaçant dans des sacs en plastique, sur le gazon entourant la piscine.
Des policiers nationaux empêchent l’accès au patio de la copropriété, mais depuis les étages, on voit distinctement le fond de la piscine où un drap blanc recouvre un cadavre, « très mutilé » selon des pompiers. Çà et là, des bouts de couvertures dorées des services de secours couvrent des restes mortuaires éparpillés dans un rayon d’une vingtaine de mètres. « Un bras par-ci, une jambe par-là », confie un pompier.
À l’extérieur, des centaines de badauds et d’habitants de ce quartier résidentiel du nord de Leganès sont venus voir, « par curiosité », mais sont tenus à distance par un cordon policier, tandis qu’un fourgon mortuaire attend les restes de cadavres.
Dans la foule, les commentaires vont bon train : « Il y a beaucoup de spéculateurs qui ont des appartements et les louent à n’importe qui. Ceux qui n’ont pas de papiers, dehors », s’exclament un groupe de retraités de cette ville-dortoir de 180 000 habitants, dont plus de 12 000 sont des immigrés.
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C’est dans une copropriété de 112 appartements que cinq extrémistes islamistes, soupçonnés d’être impliqués dans les attentats du 11 mars à Madrid, se sont suicidés collectivement avec leur charge explosive tandis que la police donnait l’assaut samedi soir.
L’appartement qu’ils louaient depuis environ un mois au 1er étage, pour 900 euros, selon des voisins, a été complètement détruit ainsi que celui du dessus et l’autre logement du même palier, mais l’immeuble reste sur pied.
« C’étaient des Nord-Africains d’une trentaine d’années, très aimables mais on ne les...