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Actualités - Chronologie

ART La naissance du monde, selon Miro, au Centre Pompidou

Pictogrammes, vibrions, espaces presque vides, lumineux ou maculés de taches, la naissance du monde, telle que l’a conçue Joan Miro de 1917 à 1934, fait l’objet d’une présentation exceptionnelle au Centre Georges Pompidou. Magistrale, l’exposition – jusqu’au 28 juin – l’est par un déploiement sans précédent de 240 œuvres, dont 120 peintures et objets, et autant de dessins ou collages qui élaborent ce Miromonde de rêveur éveillé. Avec près de 200 œuvres provenant de l’étranger, notamment des États-Unis et d’Europe, et quelque 150 que l’on n’avait pas vues à Paris depuis 1974, elle couvre sa période la moins connue, celle de l’invention d’un langage pictural. «Nous avions envisagé une rétrospective. Il nous a paru plus intéressant de mettre en lumière les ressorts d’une création qui dépasse de très loin le “stade enfantin” stigmatisé par André Breton», note Agnès de la Beaumelle, conservateur en chef et commissaire avec Claude Laugier. Magistral également, l’accrochage de ce parcours chronologique, où Miro (1893-1983) avance, ondulant entre le surréalisme et l’abstraction, entre la terre catalane de Montroig et le Paris artistique qu’il rejoint en 1920. Au début donc, étaient les natures mortes, paysages et portraits des années 1917-1918, déjà porteurs d’une énergie très sexuée qui le démarque de ce côté «grand enfant» dans lequel on a voulu l’enfermer, faute de pouvoir le classer. Déjà, dans des peintures miniaturistes, les arbres surgissent, prêts à s’envoler comme dans La maison du palmier ou La Ferme, les semences se dispersent pour aller féconder le ciel, où volette un oiseau, résonance sonore d’une peinture toujours musicale. Dans son Autoportrait (qui a appartenu à Picasso), Miro effectue la synthèse de ses origines catalanes – une manche côtelée, comme un champ labouré – et de l’incursion cubiste. Mais très vite, Miro va «briser la guitare» cubiste pour inventer un langage plastique profondément original, où les signes du Miromonde se déploient sur des fonds colorés aux intenses chromatismes, notamment ses jaunes. Puis, les tableaux à fond bleu alternent avec les tableaux à fond brun, tandis que l’artiste consigne son vocabulaire poétique dans des carnets bien avant de les porter sur la toile. Après les lapins et carpes posés tels des décalcomanies, après les lignes fines et les pictogrammes, où toujours surgit un point de tension (Le Baiser), l’heure est au «renversement», la destruction de toute structure logique. Ou, comme disait l’artiste, «le mépris absolu de la peinture» qu’il met en acte dès 1924, dessinant, collant, écrivant, frottant, notant, griffant, trouant, incisant ses toiles, amplifiant la texture pour mieux la sentir. «Renversement, culbute, noyade, souligne Agnès de la Beaumelle, Miro est un brasseur de peinture» qui plonge, manie la toile plus qu’il ne la peint, comme le montre La Naissance du monde, sorte de bâche tachée où figurent les signes essentiels, placés «très exactement». Après les découpes à la Arp, après les admirables «grands collages» de 1929, pour la première fois réunis, l’exposition glisse vers les grandes peintures d’après collages, très musicales, avant l’évasion finale dans les trois Bleu du Centre Pompidou, juxtaposés eux aussi, pour la première fois.
Pictogrammes, vibrions, espaces presque vides, lumineux ou maculés de taches, la naissance du monde, telle que l’a conçue Joan Miro de 1917 à 1934, fait l’objet d’une présentation exceptionnelle au Centre Georges Pompidou.
Magistrale, l’exposition – jusqu’au 28 juin – l’est par un déploiement sans précédent de 240 œuvres, dont 120 peintures et objets, et autant de dessins ou collages qui élaborent ce Miromonde de rêveur éveillé.
Avec près de 200 œuvres provenant de l’étranger, notamment des États-Unis et d’Europe, et quelque 150 que l’on n’avait pas vues à Paris depuis 1974, elle couvre sa période la moins connue, celle de l’invention d’un langage pictural.
«Nous avions envisagé une rétrospective. Il nous a paru plus intéressant de mettre en lumière les ressorts d’une création qui...