Le dromadaire américain est une réalité. On peut encore le croiser en Arizona, 150 ans après avoir été transporté du Proche-Orient jusqu’aux déserts de l’Ouest à la suite de la guerre entre les États-Unis et le Mexique.
Au milieu du XIXe siècle, les militaires américains recherchaient alors des montures solides pour approvisionner les garnisons à travers les immensités pelées du Sud-Ouest américain.
Le secrétaire à la Guerre Jefferson Davis, futur président confédéré, avait personnellement approuvé le plan d’importation de dromadaires des pays du Levant pour le transport de vivres et munitions à travers les déserts de Mojave et de Sonora, devenu nécessaire avec l’acquisition d’immenses territoires, dont la Californie et l’Arizona, après la guerre de 1846-48.
En 1856, la marine américaine rapporte une trentaine de camélidés achetés dans l’actuelle Syrie. Puis un deuxième transport fait grossir le cheptel jusqu’à 100 têtes et, en 1857, Ali, surnommé Hi Jolly, dirige la première caravane qu’il mène de Fort Defiance, au Texas, jusqu’au Sud californien.
De nombreux voyages du même type lui succèdent. Mais avec la guerre civile et l’extension du chemin de fer, l’expérience s’éteint progressivement et prend fin définitivement en 1864.
Ali devient prospecteur et meurt en 1902 près de la ville de Quartzsite, où un monument lui est dédié sous la forme d’une pyramide surmontée d’une silhouette de chameau et portant l’inscription: «A rendu service au gouvernement américain». Grâce à cette sculpture, l’Arizona a conservé le souvenir de Hi Jolly.
Et lorsqu’un jeune homme d’affaires saoudien, Abdul Wahed al-Saihati, et Terrill, sa femme américaine, décident en 1987 de créer une ferme de dromadaires à Yuma, en Arizona, «les gens étaient ravis» et escaladaient les barrières pour tenter de voir les animaux, se souvient Terrill.
Le marché était prometteur: cirques, zoos privés, et Hollywood, qui payait jusqu’à 1000 dollars par jour pour utiliser un chameau dans ses tournages. Jusqu’aux églises qui, à l’époque de Noël, les recherchaient pour reconstituer les crèches.
«La première femelle que l’on a vendue avait atteint 12000 dollars», se souvient Terrill.
L’affaire a pourtant périclité après le divorce du couple en 1994 et le départ d’Abdul pour l’Arabie saoudite.
Mais la ferme existe toujours. «Ce sont des animaux gentils, très dociles», explique la mère de Terrill, Pauline Stanley.
Il reste 20 dromadaires, suffisamment pour dégager un léger bénéfice. «Ils aiment l’herbe rase, tout ce qu’un cheval ne peut avaler», souligne Terrill dans sa ferme au milieu d’une terre qui rappelle les étendues désertiques, brûlées par le soleil, de leur pays d’origine.
Le mois dernier, les promenades à dos de chameaux ont repris.
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Au milieu du XIXe siècle, les militaires américains recherchaient alors des montures solides pour approvisionner les garnisons à travers les immensités pelées du Sud-Ouest américain.
Le secrétaire à la Guerre Jefferson Davis, futur président confédéré, avait personnellement approuvé le plan d’importation de dromadaires des pays du Levant pour le transport de vivres et munitions à travers les déserts de Mojave et de Sonora, devenu nécessaire avec l’acquisition d’immenses territoires, dont la Californie et l’Arizona, après la guerre de 1846-48.
En 1856, la marine américaine...