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Actualités - Chronologie

L’Iran tenté par le « modèle chinois »

Le « modèle chinois » – telle est la dernière antienne à la mode dans le microcosme politique iranien. Derrière la formule, prisée par les conservateurs mais raillée par les réformateurs, se cache l’ambition de parvenir à séparer l’ouverture de l’économie iranienne sur le monde, tout en gardant une main de fer sur les affaires intérieures. Pour certains observateurs, la procédure de divorce entre le développement économique et les libertés politiques est entamée et les élections législatives de vendredi dernier en sont la preuve. Plus de 2 500 candidats réformateurs ont été tenus écartés du scrutin, qui a consacré le retour en force des tenants de la ligne dure. « Et si l’on regarde bien, ils s’en sont tirés avec assez peu de protestations, à l’intérieur du pays ou sur la scène internationale », remarque un diplomate occidental. Les États-Unis et l’Union européenne ont bien critiqué le déroulement des dernières élections mais, à l’heure où tous s’interrogent sur le programme nucléaire de Téhéran, préserver la démocratie ne semble pas être le principal sujet d’inquiétude en provenance d’Iran. De source iranienne haut placée, on explique que cela fait des années que l’ayatollah Ali Khamenei, qui concentre en ses mains plus de pouvoirs que toutes les institutions démocratiquement élues en Iran, envoie des collaborateurs en Chine afin d’apprendre à associer autoritarisme politique et libéralisation économique. Ces mêmes émissaires auraient étudié le système malaisien, autre pays islamique qui pourrait servir de modèle à l’Iran. Le nom de deux conseillers de Khamenei revient systématiquement lorsqu’on évoque le « modèle chinois » : celui de l’ancien chef de la diplomatie iranienne Ali Akbar Velayati et son ancien adjoint Abbas Maleki, mais aucun n’a souhaité commenter cette information. Obstacles culturels Au cours des quatre dernières années, les conservateurs ont réussi à faire fermer une centaine de publications réformistes, tuer dans l’œuf la révolte des étudiants et à disqualifier les candidats libéraux. Cependant, la liste est longue des obstacles à l’implantation du modèle chinois en Iran, selon Mahmoud Sariolghalam, qui enseigne les relations internationales à l’Université Shahid Beheshti. De par sa taille, sa population et son siège permanent au Conseil de sécurité de l’Onu, la Chine pèse bien plus lourd que l’Iran dans le concert des nations, remarque-t-il tout d’abord. De plus, « dans la culture chinoise, les gens ont tendance à accepter l’autorité. L’histoire de l’Iran prouve exactement le contraire. Les chiites ont une longue tradition de rébellion derrière eux ». « La Chine dispose d’une bureaucratie politique forte et monolithique que nous n’avons pas en Iran », renchérit le journaliste libéral Mashallah Shamsolvaezin, emprisonné en 1999 pour avoir trop librement interprété les limites de la censure aux yeux des conservateurs. « Le modèle chinois va de pair avec une ouverture économique sur le monde. Cette approche n’existe pas ici. L’Iran est beaucoup moins ouvert sur l’économie mondiale », estime-t-il. « Sans démocratie ni réforme, il est impossible que le secteur pétrolier puisse se développer vraiment », ajoute Mohammed Reza Khatami, le frère du président modéré et leader du principal parti réformateur.
Le « modèle chinois » – telle est la dernière antienne à la mode dans le microcosme politique iranien.
Derrière la formule, prisée par les conservateurs mais raillée par les réformateurs, se cache l’ambition de parvenir à séparer l’ouverture de l’économie iranienne sur le monde, tout en gardant une main de fer sur les affaires intérieures.
Pour certains observateurs, la procédure de divorce entre le développement économique et les libertés politiques est entamée et les élections législatives de vendredi dernier en sont la preuve.
Plus de 2 500 candidats réformateurs ont été tenus écartés du scrutin, qui a consacré le retour en force des tenants de la ligne dure. « Et si l’on regarde bien, ils s’en sont tirés avec assez peu de protestations, à l’intérieur du pays ou sur la scène...