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CIMAISES «L’Essence des choses» sculptée par Brancusi au Tate Modern

Le musée d’art moderne londonien Tate Modern présente, jusqu’au 23 mai, L’Essence des choses, plus d’une trentaine de sculptures du Roumain Constantin Brancusi (1876-1957), une exposition qui s’installera du 10 juin au 14 septembre au musée Guggenheim à New York. «Il y a des imbéciles qui définissent mon œuvre comme abstraite, pourtant ce qu’ils qualifient d’abstrait est ce qu’il y a de plus réaliste, ce qui est réel n’est pas l’apparence mais l’idée, l’essence des choses», estimait Brancusi, l’un des pères fondateurs de la sculpture moderne. Les experts jugent cependant que l’œuvre de Brancusi a bien introduit l’abstraction et le primitivisme en sculpture, et contribué de façon tout aussi magistrale au développement de l’art moderne que celle du peintre Pablo Picasso (1881-1973). Constantin Brancusi, né en Roumanie, étudie son art à Bucarest, qu’il quitte en 1904 pour Paris où il passera et finira sa vie. Il travaille brièvement dans l’atelier d’Auguste Rodin jusqu’en 1907, quand il rompt avec les méthodes de sculpture en vigueur. Un baiser taille réelle À l’époque, on sculpte et modèle dans la terre avant de confier à des ouvriers le soin de reproduire l’œuvre originale, à l’échelle requise, en pierre, marbre, bois ou encore en bronze. Brancusi décide de supprimer ces intermédiaires et s’attaque, lui-même, directement au matériau dont la nature, estime-t-il, a le pouvoir partiel de déterminer l’œuvre. «La taille directe est le chemin véritable vers la sculpture», dira-t-il. De ce principe naît son Baiser (1907-1908) que l’on découvre en ouverture de l’exposition. Contrairement à la plus célèbre œuvre de Rodin du même nom, Brancusi s’attache à la notion même de l’étreinte plutôt qu’aux individus enlacés. Il en véhicule la force grâce «au respect de l’intégrité» du bloc de pierre brute avec lequel le couple fait corps au lieu de s’en extraire. Pour les experts, le sculpteur a tenté de «rendre visible les qualités intrinsèques du sujet qui en font ce qu’il est» afin d’en extraire «l’idée». Ses œuvres font «abstraction» de la nature «sans être totalement abstraites». «Si nous nous en tenons à l’exacte reproduction, nous interrompons l’évolution de l’esprit», estimait l’artiste. Sa recherche de l’universalité dans le particulier l’a conduit à la conclusion qu’une seule partie du corps pouvait fort bien représenter l’ensemble, la plus expressive demeurant la tête. Un thème auquel une salle du Tate Modern est totalement consacrée. On y retrouve la Tête de l’enfant endormi sculptée en 1908, dans un marbre blanc immaculé. Le style, encore très réaliste, est déjà fort épuré. Un œuf parfait Ce processus s’amplifie avec l’élégante tête de Muse endormie qui annonce l’apparition de la forme ovoïde, caractéristique d’une partie de l’œuvre du maître. La perfection de la structure de l’œuf, qui renferme également la vie dans sa plus pure expression aux yeux de Brancusi, lui inspirera Le début du monde (1920), un marbre poli, absolument lisse. Des fables populaires roumaines lui ont notamment inspiré le bronze Maiastra (1922), oiseau au merveilleux plumage doré et au chant ensorcelant. Autre thème caractéristique du sculpteur, l’oiseau se retrouvera dans une trentaine de ses œuvres, dont le célèbre Oiseau dans l’espace, un bronze poli qui s’élève dans la grâce et la légèreté d’une plume pointée vers le ciel. Une approche que Brancusi expliqua à propos de son Poisson: «Vous pensez à la vitesse de ses mouvements, à son corps alors qu’il glisse à travers l’eau (...) J’ai recherché l’étincelle qui anime l’esprit».
Le musée d’art moderne londonien Tate Modern présente, jusqu’au 23 mai, L’Essence des choses, plus d’une trentaine de sculptures du Roumain Constantin Brancusi (1876-1957), une exposition qui s’installera du 10 juin au 14 septembre au musée Guggenheim à New York.
«Il y a des imbéciles qui définissent mon œuvre comme abstraite, pourtant ce qu’ils qualifient d’abstrait est ce qu’il y a de plus réaliste, ce qui est réel n’est pas l’apparence mais l’idée, l’essence des choses», estimait Brancusi, l’un des pères fondateurs de la sculpture moderne.
Les experts jugent cependant que l’œuvre de Brancusi a bien introduit l’abstraction et le primitivisme en sculpture, et contribué de façon tout aussi magistrale au développement de l’art moderne que celle du peintre Pablo Picasso (1881-1973)....