Dans sa réponse aux députés du Front national pour la réforme, le ministre des Finances, Fouad Siniora, a commencé par faire un long historique du secteur des télécoms et de la téléphonie moibile au Liban depuis 1993. M. Siniora s’est engagé dans des détails sur les options qui avaient été envisagées par le gouvernement de l’époque afin de lancer le cellulaire sur le marché local. Il a été interrompu à plus d’une reprise par MM. Omar Karamé et Hussein Husseini, qui ont souligné que le but de la séance était non pas de présenter un exposé historique, mais de répondre aux questions soulevées par l’interpellation. Face aux réflexions de MM. Karamé et Husseini, le président de la Chambre a lancé à l’adresse des députés : « Cette réponse (de M. Siniora) est une torture psychologique, vous devez la supporter... »
Au terme de son exposé historique, le ministre des Finances s’est employé à remettre en question les chiffres du ministre des Télécoms, Jean-Louis Cardahi, concernant l’accroissement des recettes perçues par le gouvernement depuis que la propriété du réseau cellulaire a été transféré à l’État, le 31 août 2002. « Comme le souligne le ministre Cardahi lui-même dans le rapport qu’il vous a soumis, les recettes provenant du cellulaire se sont élevées en 2003 à 49,3 millions de dollars (par mois), depuis que l’État a récupéré le secteur et qu’il en a contrôlé les revenus. » M. Karamé a interrompu à ce niveau M. Siniora pour lancer : « Qui ne sait pas que le ministre (Cardahi) avait les mains liées et que ce sont les sociétés (FTML et LibanCell) qui géraient le secteur et qui continuent à le faire ? »
Sans répondre à M. Karamé, le ministre des Finances a ajouté : « Les revenus mensuels actuels du cellulaire sont donc de 49,3 millions de dollars. Si le contrat BOT avait été maintenu, ce qui implique que l’État aurait dans ce cas perçu 40 pour cent des recettes, les revenus mensuels auraient été de 35,3 millions de dollars. La différence par mois est ainsi de 14 millions de dollars. Je veux partir du principe que ces chiffres sont exacts. Or, afin de récupérer le secteur, le gouvernement a versé aux deux sociétés près de 180 millions de dollars. Ce montant a été débloqué grâce à une avance du Trésor à un taux d’intérêt de 10 pour cent. Les 180 millions de dollars reviennent à un coût de 45 millions par an (en les étalant sur quatre ans, qui est la durée restante du contrat BOT si l’État n’avait pas résilié le contrat). L’intérêt des 45 millions de dollars pour l’année 2003 est de 16,5 millions de dollars, ce qui entraîne que le coût assumé par l’État du fait de la rupture du contrat est de 61 millions de dollars, soit 5,25 millions de dollars par mois. Cela réduit les revenus mensuels de 49,3 à 44,175 millions de dollars. »
M. Siniora a souligné qu’en calculant les impôts versés par les deux sociétés, l’accroissement réel des revenus mensuels du cellulaire se réduit à 7,4 millions de dollars.
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