L’organisme des joueurs de rugby sud-africains a fait planer hier une menace de grève, sur fond de frustration pour des promesses de contrats non honorés, et après les propos du nouveau président de la Fédération (SARFU) fustigeant des internationaux trop gourmands.
« Une grève est toujours une possibilité », a déclaré le n° 2 de l’Association des joueurs sud-africains de rugby (SARPA) Hennie le Roux, un ancien centre Springbok. « Nous allons essayer de l’éviter à tout prix, mais si nous n’avançons pas, nous aurons à examiner nos options. »
Le Roux s’est dit convaincu que la SARPA, qui jouit d’un large soutien dans le monde de rugby professionnel, serait suivie par les joueurs si elle appelait à une grève. « Nous allons devoir sonder les joueurs, mais je crois qu’ils seraient consentants », a déclaré Le Roux à l’agence sud-africaine de presse Sapa.
La menace intervient sur fond de climat tendu entre les joueurs et le nouveau président de la SARFU Brian van Rooyen, en poste depuis décembre 2003 à la faveur d’un renouvellement complet des structures du rugby sud-africain, dans la foulée d’un Mondial-2003 raté.
Van Rooyen s’en est pris vivement dans la presse dimanche aux joueurs qui s’étaient plaints que la fédération refuse de renouveler leur contrat sous les conditions promises par l’ancien entraîneur Rudolf Straeuli, démissionnaire en décembre.
Tractations
Van Rooyen, cité dans The Star hier, a estimé que les internationaux étaient cupides, après avoir gagné en 2003 jusqu’à 825 000 rands (environ 98 200 euros) pour 11 matches internationaux, jusqu’à 750 000 rands (environ 89 200 euros) de leur province de Currie Cup (championnat des provinces), et pour certains 30 000 rands (environ 3 500 euros) mensuels de la SARFU pour leur participation au Super-12.
« Le rugby qu’ils ont pratiqué a été une déception non seulement pour nous, mais pour le public », a lancé M. Van Rooyen, qui se dit prêt à payer les joueurs, « mais alors ce doit être pour de bonnes performances ». L’un des différends porte, selon la presse, sur cinq joueurs considérés d’avenir par Straeuli – Bakkies Botha, Victor Matfield, Richard Bands, Danie Rossouw, Derick Hougaard – auxquels auraient été promis de nouveaux contrats, en partie pour éviter qu’ils répondent aux offres de clubs européens.
« Des attentes légitimes ont été créées et on avait promis des contrats aux joueurs concernés », a indiqué dans un communiqué dimanche Piet Heymans, président de la SARPA, dénonçant le « chaos complet » du système contractuel pour les joueurs.
« Est-il juste de considérer que les joueurs qui se battent pour leurs droits sont cupides ? », s’est indigné Heymans, qui conteste par ailleurs les chiffres avancés par Van Rooyen.
Hennie le Roux a toutefois suggéré hier que des tractations joueurs-fédération étaient imminentes, indiquant que « dans deux semaines on sera mieux placés pour une décision claire » sur une éventuelle grève.
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« Une grève est toujours une possibilité », a déclaré le n° 2 de l’Association des joueurs sud-africains de rugby (SARPA) Hennie le Roux, un ancien centre Springbok. « Nous allons essayer de l’éviter à tout prix, mais si nous n’avançons pas, nous aurons à examiner nos options. »
Le Roux s’est dit convaincu que la SARPA, qui jouit d’un large soutien dans le monde de rugby professionnel, serait suivie par les joueurs si elle appelait à une grève. « Nous allons devoir sonder les joueurs, mais je crois qu’ils seraient consentants », a...