Le coordinateur des services secrets allemands, Ernst Uhrlau, 57 ans, a mené dans l’ombre et la plus totale discrétion – fonction oblige – la délicate négociation sur le plus spectaculaire échange de prisonniers entre Israël et le Hezbollah.
À sa nomination en 1998 par le chancelier Gerhard Schröder, Ernst Uhrlau s’était empressé d’annoncer la couleur : il n’avait pas l’intention de jouer les agents « 009 ou 000 », référence au sobriquet de son prédécesseur, l’extraverti Bernd Schmidbauer, « agent 008 », inspiré du nom de code de l’agent secret britannique James Bond 007, des romans d’Ian Fleming. L’homme qui prenait en main la médiation entamée au début des années 1990 par l’Allemagne entre Israël et le Hezbollah passe pour quelqu’un de calme, discret, qui s’affiche peu en public, mais qui sait néanmoins utiliser la presse de manière ciblée.
L’essentiel de sa carrière, avant de devenir coordinateur des services secrets (renseignements intérieurs et extérieurs), ce politologue de formation l’a passée depuis 1981 à divers échelons et postes de responsabilités des Offices régionaux de protection de la Constitution (renseignements intérieurs) à Hambourg, dans le Schleswig-Holstein et le Brandebourg, dans l’ex-RDA, peu après la chute du Mur.
Sur le dossier de la médiation allemande, il a pu travailler sur les acquis de son prédécesseur, qui avait obtenu un premier échange en 1996. Lui-même était parvenu à obtenir la libération en 1999 de 13 prisonniers libanais, dont cinq détenus en Israël, transférés via l’Allemagne. Et en août dernier, il avait obtenu qu’Israël rende les corps de deux combattants du Hezbollah.
Soixante ans après l’Holocauste, l’Allemagne est parvenue à gagner la confiance aussi bien des Arabes que de l’État hébreu, vis-à-vis duquel les dirigeants allemands ne cessent d’insister sur leur « responsabilité particulière ». Et le respect dont jouit le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, qui a effectué quatre tournées au Proche-Orient en 2003, donne à l’Allemagne une marge de manœuvre significative. Sans compter les bonnes relations entre Berlin et Téhéran, l’un des principaux soutiens financiers du Hezbollah, qui expliquent également le succès remporté par la médiation allemande.
Depuis son apparition samedi à Berlin devant la presse pour un briefing concernant l’échange de prisonniers, Ersnt Uhrlau évite à nouveau les médias, le gouvernement s’abstenant de laisser filtrer la moindre information afin de ne pas menacer la suite du processus. Dans un entretien à l’hebdomadaire Die Zeit, Ernst Uhrlau a averti : « Nous avons atteint une étape, mais pas le but. »
Le coordinateur des services secrets allemands, Ernst Uhrlau, 57 ans, a mené dans l’ombre et la plus totale discrétion – fonction oblige – la délicate négociation sur le plus spectaculaire échange de prisonniers entre Israël et le Hezbollah.
À sa nomination en 1998 par le chancelier Gerhard Schröder, Ernst Uhrlau s’était empressé d’annoncer la couleur : il n’avait pas l’intention de jouer les agents « 009 ou 000 », référence au sobriquet de son prédécesseur, l’extraverti Bernd Schmidbauer, « agent 008 », inspiré du nom de code de l’agent secret britannique James Bond 007, des romans d’Ian Fleming. L’homme qui prenait en main la médiation entamée au début des années 1990 par l’Allemagne entre Israël et le Hezbollah passe pour quelqu’un de calme, discret, qui s’affiche peu en public,...
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