Cesenatico, petite station balnéaire sur l’Adriatique, enterre aujourd’hui son idole déchue, le champion cycliste italien Marco Pantani décédé samedi soir dans la solitude et la dépression.
Le cercueil du double vainqueur du Giro et du Tour de France 1998 est arrivé dans l’après-midi à l’église de San Giacomo où une chapelle ardente a été installée pour permettre aux habitants de venir rendre un dernier hommage au champion.
Bouleversée, la mère du champion, Tonina, s’en est violemment pris aux journalistes quand ceux-ci sont entrés dans l’église derrière le catafalque. « Partez, partez, vous n’avez pas le droit, s’est-elle écriée. Vous n’avez aucun respect. Vous me l’avez tué, laissez-nous à notre douleur. »
La cérémonie, strictement privée, doit commencer à 14h30 heure locale (13h30 GMT) dans la petite église, un modeste édifice situé au bord d’un canal menant à la mer. Ne seront admis à l’intérieur que la famille et les personnes les plus proches, a indiqué la municipalité.
L’église peut accueillir 200 personnes. Selon les autorités locales, quelque 30 000 personnes sont attendues et la cérémonie sera retransmise sur le parvis par haut-parleurs.
« Champion pour toujours »
La municipalité a proclamé mercredi journée de deuil et a fait distribuer des affichettes sur fond jaune représentant le coureur faisant le V de la victoire avec l’inscription « Cesenatico : à son champion pour toujours. »
L’un des deux fleuristes de la localité a indiqué à l’AFP avoir reçu de nombreuses commandes de couronnes mortuaires, dont une émanant d’Emmanuel Philibert de Savoie, fils de Victor Emmanuel, chef de la famille royale italienne.
Plusieurs coureurs cyclistes, dont le champion du monde, l’Espagnol Igor Astarloa (Cofidis), sont venus rendre hommage à la dépouille de leur ancien camarade à la morgue de Rimini.
Marco Pantani a été trouvé mort samedi soir dans une chambre d’un hôtel-résidence de la station balnéaire de cette ville, voisine de Cesenatico. Il a succombé à un œdème cérébral et pulmonaire, selon les premiers résultats de l’autopsie effectuée lundi.
Mais le médecin légiste a précisé qu’il faudrait au moins plusieurs semaines pour pouvoir se prononcer sur les causes exactes de la mort du coureur.
La presse italienne, qui a évoqué l’hypothèse d’un suicide, continuait hier à essayer de comprendre la descente aux enfers de celui que l’on appelait le « Pirate » et à disséquer son existence.
Argent
Plusieurs journaux affirmaient ainsi que Marco Pantani et son père se disputaient au sujet de la gestion de l’argent gagné par le coureur et que ce dernier dépensait sans compter.
« Les rapports, déjà difficiles, entre père et fils, se sont complètement rompus quand le père lui a enlevé l’argent. Il ne lui a laissé qu’une carte de crédit avec un compte limité selon La Stampa, le quotidien du groupe Fiat, citant « un dirigeant sportif ».
Le Corriere della Sera affirmait également, en première page, que Marco Pantani « se disputait avec son père qui gérait l’argent », à propos d’une éventuelle cure de désintoxication. Le journal local Il Resto del Carlino indique seulement pour sa part que le père de Marco Pantani se contentait de « contrôler scrupuleusement les dépenses du fils qui a toujours aimé les voitures de luxe et les motos ».
Au cours des derniers mois de son existence, Marco Pantani était « coupé du monde, en froid avec sa famille et en crise avec lui-même », a confié à l’AFP un ami d’enfance du coureur, Cesare Cortesi.
« Je ne sais pas s’il s’est suicidé, mais je n’arrive toujours pas à m’expliquer comment quelqu’un que j’ai connu fort et orgueilleux a pu sombrer dans une telle dépression et arriver à un tel dépérissement physique », s’est-il demandé en estimant que le succès et la richesse avaient peut-être été trop lourds à porter.
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Le cercueil du double vainqueur du Giro et du Tour de France 1998 est arrivé dans l’après-midi à l’église de San Giacomo où une chapelle ardente a été installée pour permettre aux habitants de venir rendre un dernier hommage au champion.
Bouleversée, la mère du champion, Tonina, s’en est violemment pris aux journalistes quand ceux-ci sont entrés dans l’église derrière le catafalque. « Partez, partez, vous n’avez pas le droit, s’est-elle écriée. Vous n’avez aucun respect. Vous me l’avez tué, laissez-nous à notre douleur. »
La cérémonie, strictement privée, doit commencer à 14h30 heure locale (13h30...