L’euro continuait hier à progresser face au dollar sur les marchés des changes internationaux, mais à un rythme ralenti en raison de quelques ventes bénéficiaires. Ce mouvement a été entraîné par la publication d’un indicateur économique US rassurant et par de nouvelles déclarations de responsables européens. D’un côté, les opérateurs ont évoqué la hausse de 1,7 % des mises en chantier de logements aux États-Unis en décembre après 4,5 % en novembre pour atteindre 2,09 millions d’unités en rythme annuel, leur plus haut niveau en 25 ans, pour racheter le dollar dans la mesure où ce développement confirmait la solidité d’un secteur considéré comme étant la locomotive de l’économie. D’un autre côté, ils ont fait état des propos tenus par le ministre français des Finances, Francis Mer, qui a considéré à l’Assemblée nationale qu’on note sur les marchés des changes des « fluctuations qui sont fortes et qui dénotent quand même une situation malsaine ». Cela, d’autant qu’ils venaient d’apprendre du gouverneur de la Banque centrale autrichienne et membre de la BCE, Klaus Liebscher, qu’il estime possible une intervention de cet organisme pour enrayer les brusques mouvements de l’euro qui peuvent conduire « les marchés des changes à des positions irrationnelles ». Plus tôt dans la matinée, l’euro était activement recherché après le discours du président George W. Bush sur l’état de l’Union dans lequel il a promis d’abaisser davantage les impôts pour soutenir la croissance et d’attribuer plus d’argent à la démocratisation du Proche-Orient, relançant par cela le débat sur les dangers du creusement du déficit budgétaire US déjà record. La devise européenne, qui avait grimpé ainsi jusqu’à 1,2675 $, devait marquer le pas ensuite, se négociant finalement à New York à 1,2630 $ contre 1,2580 la veille, réduisant ses gains à 0,40 %.
En Bourse, les marchés US ont repris des couleurs en clôture après un départ faible à l’ouverture. Les prises de bénéfices entraînées par le recul de 0,7 % des ventes des chaînes de magasins aux États-Unis la semaine dernière ont été contrebalancées par les chiffres de l’immobilier et les bons résultats de JP Morgan, Merrill Lynch, Motorola, Lucent et eBay. Il en est de même des Bourses européennes qui ont avancé malgré la hausse inquiétante du dollar dans l’attente de bons résultats de sociétés vedettes telles que Nokia, Siemens et SAP.
À Beyrouth, la demande du dollar, pour le règlement des certificats de dépôt émis par la BDL à 3 ans et souscrits par certaines banques, s’est contractée hier, mais en l’absence d’une contrepartie valable à l’offre. De ce fait, il a continué à être négocié sur le marché secondaire à des cours supérieurs au haut de la fourchette d’intervention de la BDL, soit entre 1 517 et 1 518 LL.
À la Bourse de Beyrouth, on a relevé la baisse de 21 actions A de Solidere de 4,75 à 4,53 $, de 8 450 actions C et de 274 actions préfér. de la Byblos Bank de 1,70 à 1,69 $ et de 106 à 104,10 $, alors que 298 actions de Beirut Interbank Fund se maintenaient à 108,50 $.
Élie KAHWAGI
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