L’euro a établi un nouveau record historique de hausse face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, grimpant jusqu’à 1,2871 $ avant de subir ensuite quelques prises de bénéfices après que les investisseurs eurent procédé au rééquilibrage de leurs portefeuilles de devises à la veille du week-end. Ce qui explique le nouvel accès de faiblesse du dollar, ce sont les chiffres de l’emploi aux États-Unis qui ont véritablement surpris et pris les opérateurs au dépourvu. Même si le taux de chômage a baissé en décembre à 5,7 % de la population active contre 5,9 % en novembre, ce sont les créations d’emplois non agricoles qui ont déçu. Seuls 1 000 nouveaux emplois ont été créés contre 57 000 pendant la même période, alors que les économistes tablaient sur 148 000. Ce phénomène éloigne encore un peu la perspective d’un relèvement des taux d’intérêt aux États-Unis lors de la réunion de la Fed le 28 janvier et devrait les maintenir très bas à 1 % jusqu’à nouvel ordre, ce qui est de nature à privilégier l’euro (2 %) et le sterling (3,75 %) sur le dollar sous le rapport de la rentabilité. De plus, la monnaie unique a profité de la hausse de 0,5 % des ventes de détail dans la zone euro en octobre, selon Eurostat, et de l’annonce que l’Allemagne a dégagé un excédent commercial de 10,4 mds. EUR en novembre a enregistré une hausse de 0,5 % des commandes industrielles pendant la même période. Pourtant, les nouvelles selon lesquelles la Banque du Japon serait intervenue massivement à Tokyo pour freiner la hausse du yen ont aidé le dollar à bien résister face à la devise nippone. C’est ainsi qu’à New York, le billet vert s’est finalement négocié à 1,2845 pour un euro contre 1,2765 la veille, à 1,8490 pour un sterling contre 1,8335, à 1,22 FS contre 1,2260 mais à 106,37 yens contre 106,20.
En bourse, les marchés US étaient en baisse, Wall Street et Nasdaq cédant du terrain sur des prises de bénéfices suite à la publication de statistiques décevantes sur l’emploi. Les nouvelles selon lesquelles les magasins US ont enregistré fin 2003 leur meilleure saison de fêtes depuis 1999 n’ont guère impressionné les opérateurs. Quant aux Bourses européennes, elles ont été plombées par le nouvel accès de faiblesse du dollar ainsi que par la décision de S & P de mettre sous surveillance négative Royal Dutsch Shell au lendemain de l’abaissement de la note de Total par Goldman Sachs.
À Beyrouth, les besoins de certaines banques en dollar afin de régler leurs achats de certificats de dépôt émis par la BDL à 3 ans n’ont cessé de le soutenir. Il a continué ainsi à se négocier sur le marché secondaire au-dessus du haut de la fourchette d’intervention de la BDL, maintenu à 1 514 LL, soit entre 1 517 et 1 518 LL.
À la Bourse de Beyrouth, on a relevé la baisse de 5 058 actions A de Solidere de 4,70 à 4,65 $ et la hausse de 3 500 actions B de la même société de 4,45 à 4,72 $, alors que 20 000 actions C de la Bank of Beirut et 15 490 actions de Holcim se sont maintenues à 7,82 $ et à 0,47 $ respectivement.
Élie KAHWAGI
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