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SCULPTURE Charles Cordier, un sculpteur ethnologue, à Orsay

Abyssiniens, Algériens, Chinois, Grecs, Maltais, Italiens, Soudanais ou Turcs : Charles Cordier (1827-1905) fut le seul sculpteur français de la seconde moitié du XIXe siècle à représenter la diversité humaine. Jusqu’au 2 mai, le musée d’Orsay rend un bel hommage à ses sculptures polychromes, avec la première exposition qui leur soit jamais consacrée et qui sera présentée à Québec pendant l’été 2004, puis à New York à l’automne. Fils turbulent d’un pharmacien de Cambrai (nord), Charles Cordier délaisse les études et tâte successivement du dessin industriel, du modelage, de la sculpture d’ornement, avant d’entrer à Paris dans l’atelier de François Rude. Le choc ne vient pas tant de l’apprentissage du grand maître que, selon le jeune sculpteur alors âgé de 20 ans, de l’apparition à l’atelier, un jour de 1847, d’un ancien esclave noir devenu modèle, « un superbe Soudanais». Seïd Enkess, dont il réalise le buste en quinze jours, déterminera le cours de sa carrière. Exposé au Salon de 1848 sous le titre « de Saïd Abdallah, de la tribu de Mayac, royaume de Darfour », le buste attire l’attention et, en 1851, la reine Victoria acquiert le bronze à l’Exposition internationale de Londres. Elle lui commande également son pendant, la Vénus africaine, tout comme l’État français qui en dote la salle d’anthropologie du Jardin des plantes. Surfant sur la vague anti-esclavagiste qui déferle sur les colonies et possessions françaises, Charles Cordier se veut désormais le sculpteur de « l’autre » et de « l’ailleurs », courant le monde pour « fixer les différents types humains qui sont au moment de se fondre dans un seul et même peuple ». Bustes, médaillons et statuettes, portraits d’individus rencontrés lors de ses missions, voire de figures historiques, tels la Femme hydriote, représentation rétrospective de Lascarina Baoulina, héroïne de l’indépendance grecque, ou Giuseppe Garibaldi, il accorde son ciseau à toutes les rencontres. Cordier va bien plus loin, s’avance dans la recherche décorative, utilisant la polychromie naturelle des marbres, notamment le marbre-onyx d’Algérie, jouant avec les différentes patines du bronze (argentée, dorée ou colorée), utilisant parfois l’émail. Colorés, vivants, luxueux, les bustes du Nègre du Soudan (bronze argenté oxydé et marbre-onyx), de la Juive d’Alger (bronze émaillé, marbre, dorure et marbre-onyx) ne le cèdent qu’à la grande Torchère femme arabe, sculpture en pied d’une femme en bronze argenté vêtue d’une robe en marbre-onyx, acquise en 1863 par l’impératrice Eugénie.
Abyssiniens, Algériens, Chinois, Grecs, Maltais, Italiens, Soudanais ou Turcs : Charles Cordier (1827-1905) fut le seul sculpteur français de la seconde moitié du XIXe siècle à représenter la diversité humaine.
Jusqu’au 2 mai, le musée d’Orsay rend un bel hommage à ses sculptures polychromes, avec la première exposition qui leur soit jamais consacrée et qui sera présentée à Québec pendant l’été 2004, puis à New York à l’automne.
Fils turbulent d’un pharmacien de Cambrai (nord), Charles Cordier délaisse les études et tâte successivement du dessin industriel, du modelage, de la sculpture d’ornement, avant d’entrer à Paris dans l’atelier de François Rude.
Le choc ne vient pas tant de l’apprentissage du grand maître que, selon le jeune sculpteur alors âgé de 20 ans, de l’apparition à...