En remportant les Internationaux d’Australie de tennis au dépens de sa compatriote Kim Clijsters (n° 2), Justine Henin-Hardenne a démontré qu’elle n’avait pas volé sa place de n° 1 mondiale, à Melbourne.
C’était la première fois qu’elle jouait avec cet encombrant dossard dans un tournoi du grand chelem. Et sa victoire à Melbourne ne fut sans doute pas aussi belle, en raison de sa nervosité, que celles qu’elle obtint l’an dernier à Roland-Garros et à l’US Open. Mais si elle ne joua pas divinement, elle gagna tout de même. Comme le faisaient les grandes championnes qui l’ont précédée au sommet de la hiérarchie mondiale quand elles n’étaient pas dans leurs meilleurs jours. Un signe de plus qu’il ne faut pas la mésestimer. Elle en avait donné un premier après avoir perdu la finale de Wimbledon face à l’Américaine Venus Williams (1,85 m et 73 kg) en 2001. L’horizon semblait alors complètement bouché pour la petite Belge (1,67 m et 57 kg) face aux puissantes sœurs Williams. Elle ne se découragea pourtant pas. Armée d’un revers superbe, que John McEnroe considère comme le plus beau du monde, joueuses et joueurs confondus, et d’une inébranlable combativité, elle poursuivit son chemin. Cela finit par lui procurer une série de victoires sur les Américaines Serena Williams (1,75 m), Jennifer Capriati (1,70 m) et Lindsay Davenport (1,89 m), ainsi que sur Kim Clijsters (1,74 m). Parfois sérieusement en difficulté, Justine ne renonçait jamais.
Des deux championnes belges, qui partageaient la même chambre en déplacement quand elles étaient juniors, elle fut la première à gagner un grand chelem à Paris, puis à New York. « Vous voulez que je vous dise pourquoi elle a battu Kim en finale de l’US Open ? aurait demandé Léo, le père de Clijsters. C’est parce que ses muscles ont doublé de volume ! »
Le sous-entendu était clair, qui brouilla un peu les anciennes amies, mais le doublement de volume pas si évident que cela. Justine a toujours de moins gros biceps que Kim, bien qu’elle ait subi de sévères séances de musculation avec Pat Etcheberry, l’ancien préparateur physique de Jim Courier et Pete Sampras. Ce qui est certain, c’est qu’elle a amélioré la puissance de son service et de son coup droit. Entraînée depuis l’âge de 14 ans par Carlos Rodriguez, alors que la plupart des joueuses changent d’entraîneur comme de raquette, son mariage avec Pierre-Yves Hardenne, le 16 novembre, lui a donné, dit-elle, « un sentiment de sécurité ».
Ne reste plus à l’ancienne petite orpheline de 12 ans qu’à s’ouvrir pleinement aux autres pour assurer sa domination. Ce qu’elle a commencé à faire à la fin de l’année dernière en participant à un tournoi de charité avec Yannick Noah
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C’était la première fois qu’elle jouait avec cet encombrant dossard dans un tournoi du grand chelem. Et sa victoire à Melbourne ne fut sans doute pas aussi belle, en raison de sa nervosité, que celles qu’elle obtint l’an dernier à Roland-Garros et à l’US Open. Mais si elle ne joua pas divinement, elle gagna tout de même. Comme le faisaient les grandes championnes qui l’ont précédée au sommet de la hiérarchie mondiale quand elles n’étaient pas dans leurs meilleurs jours. Un signe de plus qu’il ne faut pas la mésestimer. Elle en avait donné un premier après avoir perdu la finale de Wimbledon...