L’euro a franchi deux seuils symboliques face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, dépassant successivement 1,27 $ et 1,28 $, alors que le billet vert restait sous pression face aux autres grandes devises, à l’exception du yen. Les nouvelles selon lesquelles la Banque du Japon serait intervenue afin de freiner la hausse de sa monnaie, après la mise en garde lancée par le ministre japonais des Finances à ce sujet, semblent expliquer cette évolution. Le dollar a continué donc de s’affaiblir face aux monnaies européennes, alors que les intervenants sur le marché veulent voir où se trouve le seuil de tolérance des banques centrales de part et d’autre de l’Atlantique. À cet égard, ils ont fait référence aux réactions pour l’instant limitées de la BCE après la progression de l’euro de 24 % depuis début 2003 et à l’indifférence des responsables US qui ne semblent pas s’inquiéter du déclin du dollar, ni pressés de relever son loyer comme avait déclaré la veille le gouverneur de la Fed Ben Bernanke. Dans l’attente ainsi de la réunion demain du conseil des gouverneurs de la BCE et du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre (BoE), l’attention des opérateurs s’est tournée hier vers la publication d’indicateurs US. La baisse de l’indice d’activité des directeurs d’achats dans le secteur des services aux États-Unis (ISM) de 60,1 pts en novembre à 58,6 pts en décembre a donc déçu les investisseurs dans la mesure où ce secteur représente les 4/5es de l’économie US. La désaffection des marchés vis-à-vis du dollar s’est renforcée ensuite avec l’annonce d’une baisse de 1,4 % des commandes industrielles aux États-Unis en novembre contre une hausse de 2,4 %, en octobre. Cela d’autant que tout le monde est convaincu que la BCE et la BoE vont opter pour un statu quo monétaire demain ainsi que la Fed lors de la réunion de son comité de politique monétaire fin janvier. Dans cette attente et compte tenu de la propension de certains opérateurs à prendre leurs gains sur les monnaies européennes, le dollar est parvenu à réduire un peu ses pertes, se négociant à New York à 1,2745 pour un euro contre 1,2665 la veille, à 1,8230 pour un sterling contre 1,8065, à 1,2310 FS contre 1,2335 mais à 106,20 yens contre 106,25.
En Bourse, les marchés US étaient mitigés hier, Wall Street cédant du terrain après la publication d’indicateurs économiques décevants, tandis que le Nasdaq se maintenait dans le positif soutenu par la hausse de 4,5 % des ventes mondiales de semi-conducteurs en novembre. Le lancement par Wal-Mart d’un programme de rachat de ses propres actions d’un montant de 7 mds $ n’a guère soutenu le secteur de la distribution. En Europe, les Bourses ont mis fin hier à une série de sept hausses, pénalisées par la morosité des places US et la rechute du dollar qui affecte la compétitivité des entreprises européennes exportatrices.
À Beyrouth, le marché des changes et la Bourse étaient fermés hier en raison du chômage officiel à l’occasion de la fête de Noël chez la communauté arménienne.
Élie KAHWAGI
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