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RETROSPECTIVE 2003 La reconstruction peine à démarrer dans l’Irak d’après-guerre

La coalition dirigée par les Américains et les autorités intérimaires irakiennes, qui espéraient un démarrage du processus de reconstruction immédiatement après la guerre, ont dû réviser leurs plans en raison de l’insécurité, du sabotage et des pillages.
À l’orée de l’année 2004, l’Irak est débarrassé de son dictateur Saddam Hussein capturé vivant par les troupes américaines plus de huit mois après la chute de son régime. Mais ses habitants vivent toujours dans une situation matérielle précaire.
« La reconstruction est très lente », reconnaît Hamid al-Kifaï, porte-parole du Conseil de gouvernement transitoire irakien mis en place en juillet par les Américains. « La situation sécuritaire contrarie la reconstruction, mais nous sommes déterminés à aller de l’avant », assure-t-il. Les forces de la coalition sont quotidiennement confrontées à des attaques, mais elles n’en sont pas les seules cibles.
Le 8 décembre, 51 techniciens sud-coréens qui participaient à la remise en état du réseau électrique de Bagdad ont quitté le pays après que deux de leurs collègues eurent été tués dans une embuscade.
« Le problème de fond, c’est la sécurité. La sécurité a des effets sur tout le reste. Cela a certainement refroidi certains » investisseurs, estime Mohammed al-Roubi, un avocat égyptien représentant des entreprises étrangères en Irak.
« Nous ne savons pas ce que sera la situation demain, alors comment peut-on faire des prévisions pour 2004 ? » s’interroge Saad al-Zoubeidi, architecte et conseiller au ministère irakien de la Reconstruction et du Logement.
Trois guerres, près de 13 ans de sanctions, un laisser-aller généralisé et les pillages à grande échelle après le dernier conflit en mars-avril derniers ont laissé les infrastructures de l’Irak dans un état calamiteux.
M. Zoubeidi assure que son ministère était prêt dès juin dernier à entamer la reconstruction de routes, de logements et de bâtiments gouvernementaux, mais l’insécurité l’en a empêché. « Je ne veux pas brosser un tableau trop pessimiste », assure toutefois M. Zoubeidi, expliquant que certains projets sont en cours de réalisation.
Le porte-parole du ministère irakien du Pétrole, Assem Jihad, rappelle pour sa part que la remise en état de l’industrie pétrolière du pays, qui possède les deuxièmes réserves de brut au monde, aurait été bien plus avancée si les infrastructures n’avaient pas été la cible de sabotages répétés.
Les responsables irakiens s’attendent tout de même à retrouver au premier semestre le niveau de production de brut d’avant-guerre, à 2,8 millions de barils par jour.
Mais les files d’attente s’allongent toujours devant les stations-service, le pays souffrant d’une pénurie en essence raffinée.
Les attaques contre les oléoducs se raréfient, assure M. Jihad. Le problème est qu’elles ont eu une répercussion sur la production électrique puisque l’approvisionnement des centrales à gaz a aussi été compromis. La distribution de courant reste chaotique dans la capitale.
Selon Bassil al-Khatib, porte-parole du ministère de l’Électricité, l’Irak produit actuellement 3 500 à 4 000 mégawatts, soit le quart de ses besoins. Le ministère espère doubler la production en 2004, mais, reconnaît-il, « ce ne sera pas suffisant ».
Concernant les télécommunications, les techniciens espèrent remettre rapidement en ordre de marche le réseau terrestre, tandis que les réseaux cellulaires, installés par des opérateurs étrangers, devraient commencer à fonctionner début 2004.
Mais pour le logement, secteur qui connaît une crise aiguë, M. Zoubeidi admet que les problèmes de financement mettent pour l’instant entre parenthèses le projet de son ministère de construire un million d’habitations d’ici à 2010.
La coalition dirigée par les Américains et les autorités intérimaires irakiennes, qui espéraient un démarrage du processus de reconstruction immédiatement après la guerre, ont dû réviser leurs plans en raison de l’insécurité, du sabotage et des pillages.À l’orée de l’année 2004, l’Irak est débarrassé de son dictateur Saddam Hussein capturé vivant par les troupes américaines plus de huit mois après la chute de son régime. Mais ses habitants vivent toujours dans une situation matérielle précaire.« La reconstruction est très lente », reconnaît Hamid al-Kifaï, porte-parole du Conseil de gouvernement transitoire irakien mis en place en juillet par les Américains. « La situation sécuritaire contrarie la reconstruction, mais nous sommes déterminés à aller de l’avant », assure-t-il. Les forces de la...