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À la recherche d’une dose de drogue au milieu du chaos

Dans le défilé des visages hagards et meurtris qui se présentent devant la tente du Croissant-Rouge, celui d’Ali est l’un des plus incongrus et des plus malvenus aux médecins qui soignent comme ils peuvent les victimes du séisme de Bam. « On te l’a dit hier, on te l’a dit avant-hier, tu n’auras rien », hurle un docteur en direction de cet homme en haillons couverts de poussière. Pourtant Ali, les larmes aux yeux, souffre sans contestation possible et il est là pour demander de la morphine. Si, au milieu de tant de douleurs, la sienne est moins tolérable au personnel médical, c’est qu’elle ne lui a pas été infligée directement par le séisme qui a tué des milliers de gens, mais par des années d’injection de drogue. « Regardez-moi ça », s’indigne un infirmier en relevant la manche d’Ali pour révéler sur son bras les marques de sa dépendance aux stupéfiants, qu’il partage avec des centaines de milliers d’Iraniens. « Je dormais dans la rue quand le séisme a eu lieu, mais je ne me souviens plus de grand-chose ». « Quand je me suis réveillé, tout avait disparu. J’ai cru que j’étais mort et que j’étais en enfer », raconte Ali. Il a oublié son âge, mais peut avoir entre 20 et 30 ans. Après la terrible secousse, il n’a pas été à la recherche des siens qui l’avaient de toute façon jeté dehors, il y a plusieurs mois. « Je suis allé chez mon revendeur, mais il n’y avait plus de maison. J’ai creusé un moment, mais je n’ai rien trouvé d’utilisable », raconte Ali.
« On ne peut pas faire grand-chose pour lui », dit un membre de l’équipe médicale. « On n’a vraiment pas l’intention d’ouvrir un centre de désintoxication ici en ce moment ».
Dans le défilé des visages hagards et meurtris qui se présentent devant la tente du Croissant-Rouge, celui d’Ali est l’un des plus incongrus et des plus malvenus aux médecins qui soignent comme ils peuvent les victimes du séisme de Bam. « On te l’a dit hier, on te l’a dit avant-hier, tu n’auras rien », hurle un docteur en direction de cet homme en haillons couverts de poussière. Pourtant Ali, les larmes aux yeux, souffre sans contestation possible et il est là pour demander de la morphine. Si, au milieu de tant de douleurs, la sienne est moins tolérable au personnel médical, c’est qu’elle ne lui a pas été infligée directement par le séisme qui a tué des milliers de gens, mais par des années d’injection de drogue. « Regardez-moi ça », s’indigne un infirmier en relevant la manche d’Ali pour révéler...