« Si nous parvenons à la conclusion que ce Premier ministre va prendre des mesures unilatérales qui signifient le transfert de juifs et le démantèlement de localités (colonies), nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher que ces mesures ne se réalisent », a déclaré Bensi Lieberman, le président du conseil des municipalités des colonies de Judée Samarie (Cisjordanie) et de Gaza, la plus haute instance dirigeante des colons.
La première épreuve de force devrait avoir lieu sur le terrain dans huit colonies sauvages de Cisjordanie dont le prochain démantèlement a été récemment notifié aux colons par le ministre israélien de la Défense, Shaoul Mofaz.
À gauche, le chef de l’opposition travailliste Shimon Peres, prix Nobel de la paix et artisan des accords, aujourd’hui moribonds, d’Oslo, s’est déclaré « profondément déçu » par l’intervention de M. Sharon qui, selon lui, a « repoussé les échéances » au lieu de prendre une « décision ». « Tout n’était que formules générales. Nous entrons dans une période difficile et nous n’avons pas beaucoup de temps devant nous », a-t-il ajouté.
Pour l’ancien ministre travailliste de la Justice, Yossi Beilin, l’un des architectes de l’Initiative de Genève, un plan de paix alternatif israélo-palestinien, « la montagne n’a même pas accouché d’une souris ». « Sharon tente seulement de gagner du temps et continue de mener le pays au gouffre », a déclaré M. Beilin, cité par son porte-parole.
M. Beilin a, par ailleurs, mis en garde les travaillistes contre le risque de « tomber une nouvelle fois dans le piège » de M. Sharon.
Ces derniers, selon lui, pourraient en effet être tentés de rejoindre à nouveau un cabinet d’union nationale dans le cas où les formations de la coalition de droite et d’extrême droite quitteraient le gouvernement pour manifester leur opposition au plan de « séparation » envisagé par M. Sharon.
Pour Avi Pazner, le porte-parole du gouvernement israélien, le discours de M. Sharon « ne devrait pas avoir de répercussions sur la scène politique intérieure dans l’immédiat ».
Il n’en demeure pas moins, a-t-il déclaré, que M. Sharon « a tenu un discours révolutionnaire. Le plus important de sa carrière ». « Le plan est là et il est irréversible », a-t-il ajouté. « Il a compris qu’il ne suffit pas de gagner la guerre contre le terrorisme et qu’il faut aussi remporter la bataille politique », a-t-il souligné.
Selon lui, les mesures annoncées par M. Sharon « concerneront certainement le démantèlement dans les prochains jours des colonies non autorisées. Les autres devraient prendre quelques mois ».


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