« J’ai demandé à George Tenet (le directeur de la CIA) d’être responsable des interrogatoires de Saddam Hussein », a indiqué M. Rumsfeld lors d’une conférence de presse au Pentagone, en précisant que le prisonnier était cependant toujours détenu par l’armée américaine. « Lui et ses gens auront la main haute sur les interrogatoires, ce sont eux qui en auront la charge », a précisé le secrétaire à la Défense.
Selon des experts américains, c’est la première fois que les autorités américaines annoncent officiellement que l’interrogatoire d’un dirigeant étranger capturé est conduit par la CIA.
« C’est sans précédent », a indiqué John Pike, directeur du centre de réflexion GlobalSecurity.org, spécialisé dans les questions de défense et du renseignement.
Il rappelle que Manuel Noriega, lui-même un ancien agent de la CIA, avait été capturé en 1989 par l’armée américaine au Panama, sur instruction de George Bush père, alors président des États-Unis, puis remis au département de la Justice.
« On peut imaginer que la CIA avait un agent dans la pièce (où Noriega était questionné) afin d’être certaine qu’il ne révélerait aucun secret », a noté M. Pike.
Il relève aussi que les responsables du réseau terroriste el-Qaëda actuellement détenus par les Américains au secret sont eux aussi interrogés par les agents de la CIA.
« Je ne peux penser à personne d’autre d’aussi qualifié pour mener à bien de tels interrogatoires. C’est leur spécialité », a estimé M. Pike.
Le ministre de la Défense a lui aussi estimé que les agents de la CIA « ont la compétence nécessaire dans ce domaine ».
« Ils ont des professionnels en la matière. Ils connaissent les besoins que nous avons en terme de lutte contre le terrorisme », a souligné M. Rumsfeld en précisant que « tout ce que l’on peut soutirer de cet individu, même par hasard, peut être utile ».
Il adviendra donc à la CIA de tirer les conclusions qui s’imposent après l’analyse des interrogatoires menés sur Saddam Hussein, a poursuivi M. Rumsfeld qui s’est refusé à fournir des détails sur la façon dont serait menée cette enquête.
Mais M. Rumsfeld n’a pas semblé convaincu que Saddam Hussein se montrerait particulièrement coopératif.
À la question de savoir si l’ancien dirigeant irakien savait où se trouvaient les ADM (voir par ailleurs) toujours recherchées par les soldats américains, le secrétaire à la Défense a répondu laconiquement : « Il doit le savoir. »
Selon des experts, les interrogatoires ainsi que l’analyse d’une mallette contenant des centaines de pages de documents, retrouvée en possession de Saddam Hussein lors de sa capture, pourraient éventuellement permettre d’autres arrestations de membres du régime déchu.


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