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Un coup pour le moral de la population des territoires occupés

Après la chute en avril du régime de Saddam Hussein, qui avait eu dans les territoires palestiniens l’effet d’un coup de massue, la capture sans combat de l’ancien dictateur irakien constitue une deuxième journée noire pour les Palestiniens.
Pour eux, Saddam Hussein était le seul dirigeant arabe à avoir fait face aux États-Unis et à Israël et ils ont maintenant le sentiment que leur aspiration à la liberté est entre les mains de Washington.
« La plupart des Palestiniens étaient en état de choc à la chute du régime de Saddam Hussein et sa plongée dans la clandestinité en avril. Certains ont pensé qu’il reviendrait au pouvoir », dit l’analyste politique palestinien Ali Jarbawi. « Ce qui importe maintenant, c’est de savoir si la résistance à la présence américaine en Irak va se poursuivre ou non car cela aura des conséquences sur le rôle de médiateur des États-Unis dans le conflit israélo-palestinien », dit-il.
Si les États-Unis devaient faire face à une escalade des attaques contre leurs troupes en Irak, ils seraient amenés à prêter moins d’attention au conflit israélo-palestinien, estime-t-il.
Si des Palestiniens regrettent la capture de Saddam Hussein, la plupart des intellectuels considèrent que sa disparition de la scène politique n’a rien de négatif, estime de son côté Ibrahim Dakak, un autre analyste. « Son soutien à la cause palestinienne était surtout déclamatoire. Son invasion du Koweït (1990) et sa guerre contre l’Iran (1979-1988) n’ont rien eu de bon pour nous et ont porté atteinte aux relations entre les Arabes et entre les musulmans », dit-il.
« Si les résistances afghane et irakienne parviennent à bouter les troupes américaines hors de leurs pays, Washington sera amené à revoir sa politique au Proche-Orient, et, à long terme, à réduire son soutien à Israël », dit-il.
« Un symbole de la résistance a été capturé. Saddam Hussein était le premier leader arabe à avoir dit non au nouvel ordre américain dans le monde », dit Hedar Abu Mukhu, 31 ans, qui habite Ramallah.
Selon lui, « l’impact de sa capture sur la lutte palestinienne est surtout psychologique et sera de courte durée ».
Pour Nasser Matar, 35 ans, également de Ramallah, « rien ne saurait briser la volonté de résistance des Palestiniens basée sur la justice et des droits inaliénables ».
Le ton est plus sombre à Jénine.
« L’arrestation ou le meurtre des grands symboles arabes ne peuvent mener à la paix. La paix est la dernière des priorités du (président George W.) Bush », dit Jamal Habach, 21 ans, un étudiant de l’Université américaine de Jénine.
« L’arrestation de Saddam aura un impact sur le monde arabe et le peuple palestinien car il soutenait la résistance palestinienne contre Israël », dit Abdallah Kamel, 36 ans, un employé de cette université.
Par ailleurs, un dirigeant du mouvement islamique Hamas a affirmé que les États-Unis paieraient cher l’arrestation de Saddam Hussein. « Ce qu’ont fait les États-Unis est hideux et méprisable. C’est une insulte à tous les Arabes et une insulte aux musulmans », a dit Abdelaziz al-Rantissi, l’un des chefs du Hamas.
Enfin, le Front de libération arabe (FLA), un groupe palestinien proche du parti Baas, a dénoncé hier l’arrestation du « camarade » Saddam Hussein et appelé le monde entier à la condamner.
L’ancien maître de Bagdad devait sa popularité parmi les Palestiniens des territoires occupés aux quelque 25 millions de dollars qu’il avait octroyés au total pendant la deuxième intifada aux familles des auteurs d’attentats-suicide en Israël. Lors de la guerre du Golfe (1991), les Palestiniens des territoires avaient applaudi aux tirs de 39 missiles Scud irakiens contre Israël.
Après la chute en avril du régime de Saddam Hussein, qui avait eu dans les territoires palestiniens l’effet d’un coup de massue, la capture sans combat de l’ancien dictateur irakien constitue une deuxième journée noire pour les Palestiniens.Pour eux, Saddam Hussein était le seul dirigeant arabe à avoir fait face aux États-Unis et à Israël et ils ont maintenant le sentiment que leur aspiration à la liberté est entre les mains de Washington.« La plupart des Palestiniens étaient en état de choc à la chute du régime de Saddam Hussein et sa plongée dans la clandestinité en avril. Certains ont pensé qu’il reviendrait au pouvoir », dit l’analyste politique palestinien Ali Jarbawi. « Ce qui importe maintenant, c’est de savoir si la résistance à la présence américaine en Irak va se poursuivre ou non car cela...