Les pressions américaines sont à leur « paroxysme », a déclaré le rédacteur en chef du journal du parti au pouvoir, al-Baas, Mahdi Dakhlallah, qui y voit « une tentative de modifier les positions de la Syrie » sur le conflit israélo-arabe et l’Irak.
La Syrie « ne peut pas renoncer à ses principales positions » en dépit de « la souplesse » dont elle a fait preuve à l’égard de demandes américaines, dont le contrôle de sa frontière avec l’Irak pour empêcher le passage de combattants, « question que le gouvernement syrien réprouve », explique-t-il.
Des diplomates arabes soutiennent également que les États-Unis tentent de réduire le rôle de la Syrie dans la région à la suite de la nouvelle donne créée par la guerre en Irak.
« Les États-Unis essayent de réduire le rôle régional de la Syrie notamment dans le conflit israélo-arabe et dans son soutien au Hezbollah », a affirmé un diplomate arabe. Cette loi, qui autorise M. Bush à décréter des restrictions sur les exportations et les investissements américains en Syrie, à abaisser le niveau de la représentation diplomatique américaine à Damas, et à restreindre la liberté de circulation des diplomates syriens aux États-Unis, « nuit aux intérêts des deux pays », a reconnu le journaliste.
D’après M. Dakhlallah, les États-Unis souhaitent « satisfaire Israël », mais reconnaissent dans le même temps le « rôle stabilisateur » de la Syrie au Proche-Orient et « ne peuvent donc ne pas traiter avec elle ».
Dans une première réaction officielle, l’agence de presse syrienne Sana a accusé samedi « les partisans d’Israël au Congrès américain » d’avoir déployé des « efforts actifs » pour l’adoption de cette loi.
Dans le même temps, la Syrie a multiplié les gestes de bonne volonté en coopérant contre le réseau el-Qaëda et en réduisant au silence les organisations palestiniennes basées sur son sol. Elle a extradé 22 suspects vers la Turquie après les attentats d’Istanbul des 15 et 20 novembre.
Parallèlement, le dialogue syro-américain se poursuit. La ministre syrienne des Émigrés, Boussaïna Chaabane, a été dépêchée aux États-Unis pour demander à la communauté arabe de jouer un rôle plus actif.
Elle a rencontré à Washington le secrétaire d’État adjoint pour le Proche-Orient, William Burns, ainsi que le nouvel ambassadeur des États-Unis à Damas, Margaret Scobey, attendue en Syrie dans les prochains jours, affirme le journal libanais as-Safir proche de Damas.
Dans un entretien accordé récemment au journal New York Times, M. Assad a indiqué que son gouvernement avait aidé les États-Unis à déjouer au moins sept attaques terroristes contre des objectifs américains. Il a aussi affirmé que la Syrie ne soutenait pas d’organisations terroristes et que son soutien au Hezbollah n’était que politique.
Trois jours avant la signature de la loi américaine dite « loi pour la responsabilité de la Syrie et sur la souveraineté du Liban », Damas a achevé d’importantes négociations avec l’Union européenne sur un accord d’association.

