Au terme de l’un de ces matchs qui entreront dans la légende du club (3-2 contre le Celtic Glasgow), Lyon termine même premier de son groupe devant le Bayern Munich, lui aussi vainqueur d’Anderlecht (1-0).
« Cela peut peut-être paraître prétentieux. Mais maintenant, on va jouer pour aller le plus loin possible, a déclaré l’entraîneur, Paul Le Guen. Nous avons réalisé une vraie performance. C’est vrai que cela bascule sur un pénalty, mais c’est loin d’être immérité et illogique ».
Dans une rencontre où ils auront fait passer leurs supporters par tous les états – les égalisations écossaises aux 24e et 75e minutes condamnaient à chaque fois les Français à l’étage inférieur, l’UEFA –, les Gones, obligés de vaincre pour rejoindre les grands d’Europe, s’avouent soulagés.
« Nous avons eu la possibilité de gagner ce match largement, résume Jean-Michel Aulas, le président. Mais aussi de le perdre légèrement ».
« Le groupe a du ressort »
« Ouf, soupire même Sidney Govou. Il y avait du suspense, du spectacle. C’était pas évident sur le terrain, je l’avoue ».
« Le groupe a du ressort, conclut Paul le Guen. Il a des ressources morales, il vit bien et cela s’est ressenti ».
Et il y aura donc eu ce coup de pouce qui a fait basculer Lyon du bon côté. « Au moment du pénalty, j’ai pensé que la chance avait tourné », révèle Sidney Govou.
Oublié donc le but valable non accordé à l’OL en octobre 2002 face à l’Ajax d’Amsterdam ou cette tête manquée de Sonny Anderson à Rosenbörg qui avaient alors scellé les illusions rhodaniennes la saison dernière.
« C’est vrai que le destin fait bien les choses, se félicite Jean-Michel Aulas. Quelque part, c’est juste et cela fait du bien ».
Et Juninho, l’homme du match à l’origine du but de Giovane Elber (6e) et des deux autres, dont le pénalty à la 85e, de plaisanter.
« Ce pénalty rapporte près de sept millions d’euros au club ? Alors, je vais demander une augmentation ! », a déclaré en plaisantant le Brésilien, qui évoque là le montant estimé du revenu minimum encaissé par les huitièmes de finaliste de l’épreuve.
« Mais tout ce que nous avons vécu face au Celtic, corrige le maître artificier de Gerland, ça n’a rien à voir avec l’argent. Ce match, ces buts, ce n’est que du bonheur. Cela ne s’achète pas, toutes ces émotions. Mais avec ces deux buts et le premier coup-franc, je crois que je tire profit de mon travail ».
Le phénomène Juninho
À lui seul, Juninho aura donc qualifié l’OL, en marquant quatre des sept buts lyonnais en Ligue des champions : un but sur pénalty face à Anerlecht, lors de la première journée (1-0), un coup-franc somptueux qui doit encore hanter les nuits d’Oliver Kahn à Munich (1-2) et les doubles réalisations face au Celtic.
« Juninho, c’est quelque chose ! », salue son compatriote Giovane Elber.
L’Olympique Lyonnais avait en tête d’exister en Europe. Ainsi s’exprimait Jean-Michel Aulas en début de saison. Le voilà donc parmi les grands d’Europe, pour la deuxième fois de son histoire, après l’expérience de 2001. Mais à l’époque, le système d’élimination directe n’existait pas.
« Nous avons toujours dit que nous visions les quarts de finale, rappelle l’insatiable Jean-Michel Aulas. Il faut donc gagner les huitièmes. Objectif donc quart de finales et je crois bien que c’est la bonne année ».
En tous les cas, en passant – même au forceps – le cap du premier tour, l’OL s’affranchit.
« Depuis cinq ans, l’OL gagne tout en France, mais cette victoire nous permet d’être sur le bon chemin en Europe », explique Edmilson.
Et son entraîneur, le sourire aux lèvres, de s’enflammer. « Il y a des équipes beaucoup plus armées que nous dans cette compétition. Mais on joue toujours une épreuve pour l’emporter, non ? », conclut Paul le Guen.


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