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Le plan de retrait unilatéral d’Olmert divise le gouvernement israélien

La proposition du vice-Premier ministre israélien Ehud Olmert de procéder à des « retraits unilatéraux » de la plus grande partie des territoires palestiniens occupés a divisé profondément hier le gouvernement israélien, réuni en séance hebdomadaire.
M. Olmert, également ministre du Commerce et de l’Industrie, ne devait pas faire face seulement aux critiques prévisibles des représentants des partis d’extrême droite, mais, plus grave pour lui, à celles des ministres de son propre parti, le Likoud, dirigé par le Premier ministre Ariel Sharon.
Déjà accusé d’avoir cédé aux pressions de l’Union européenne en acceptant un label d’origine sur les produits israéliens des territoires occupés, il a été vilipendé par des militants d’extrême droite.
Ces derniers ont ainsi diffusé des images sur l’Internet et collé des affiches montrant M. Olmert apposant une étoile de David jaune sur des produits provenant des colonies.
Le tollé provoqué à droite par les propos de M. Olmert se nourrit de la crainte que ce dernier ait joué le rôle de franc-tireur pour M. Sharon, dont il fait figure de protégé, mais qui s’est jusqu’ici abstenu de le soutenir ou le désavouer publiquement.
M. Sharon a simplement indiqué que le sujet serait discuté en Conseil des ministres le moment venu.
Officiellement « numéro deux » du gouvernement, M. Olmert a affirmé vendredi que, compte tenu de l’évolution démographique, Israël n’avait pas d’autre choix que d’accepter un État palestinien à ses côtés s’il « voulait préserver son caractère juif et démocratique », reprenant l’argument central de la gauche. « Nous approchons du moment où Israël devra prendre une décision stratégique », a dit M. Olmert dans un entretien au quotidien Yédiot Aharonot.
Selon lui, au bout du compte, l’État d’Israël « devra comprendre une proportion de 80 % de juifs contre 20 % d’Arabes », soit à peu près la proportion actuelle, ce qui obligera Israël à évacuer les zones à forte population palestinienne.
Des sources politiques, citées hier par le quotidien Maariv, précisent que les retraits envisagés par M. Olmert prévoient le démantèlement de dizaines d’implantations et l’évacuation de quelque 50 000 colons.
« Si M. Olmert reflète la politique du gouvernement, nous rejoindrons l’opposition », a affirmé aux journalistes le ministre de l’Habitat Effi Eitam, chef du Parti national religieux d’extrême droite.
Au Likoud, le ministre de la Sécurité intérieure Tzahi Hanegbi a estimé que les idées de M. Olmert étaient « plus dangereuses pour l’avenir de l’État d’Israël que l’Initiative de Genève », toutes deux stigmatisées par le Likoud.
Dans le camp opposé, le ministre de la Justice Yossef Lapid, chef du parti centriste laïc Shinouï, a applaudi aux déclarations de M. Olmert, déclarant hier à la radio qu’elles « sont d’autant plus courageuses qu’elles ne peuvent qu’affaiblir la position de M. Olmert dans son propre parti ». Le chef du parti travailliste Shimon Peres s’est, quant à lui, félicité de ce que « le Likoud soit parvenu aux conclusions justes », tandis que son prédécesseur, l’ex-Premier ministre Ehud Barak, a appelé son parti et M. Sharon à adopter le plan Olmert, et sur cette base à recréer un gouvernement d’union nationale.
« La bombe à retardement que M. Olmert a lancée cette semaine va enfin obliger le Likoud à dire ce qu’il veut, et pas seulement ce qu’il ne veut pas et prouver qu’il sait où il mène le pays », écrit hier le Yédiot Aharonot dans son éditorial.
Enfin, dix-huit implantations sauvages doivent être démantelées prochainement, a indiqué la radio publique israélienne, suite aux pressions croissantes des États-Unis et conformément aux exigences de la « feuille de route ».
La proposition du vice-Premier ministre israélien Ehud Olmert de procéder à des « retraits unilatéraux » de la plus grande partie des territoires palestiniens occupés a divisé profondément hier le gouvernement israélien, réuni en séance hebdomadaire.M. Olmert, également ministre du Commerce et de l’Industrie, ne devait pas faire face seulement aux critiques prévisibles des représentants des partis d’extrême droite, mais, plus grave pour lui, à celles des ministres de son propre parti, le Likoud, dirigé par le Premier ministre Ariel Sharon.Déjà accusé d’avoir cédé aux pressions de l’Union européenne en acceptant un label d’origine sur les produits israéliens des territoires occupés, il a été vilipendé par des militants d’extrême droite.Ces derniers ont ainsi diffusé des images sur l’Internet et...