Une nouvelle recommandation sera soumise aujourd’hui par le commissaire européen aux Affaires économiques Pedro Solbes au collège des vingt commissaires, réunis à Strasbourg.
« Berlin n’a pas satisfait à une première recommandation de ses partenaires qui lui demandaient de ramener en 2004 ses déficits sous le plafond de 3 % du PIB, fixé par le pacte, et dès lors une nouvelle recommandation s’impose », a expliqué mardi Gerassimos Thomas, porte-parole de M. Solbes.
Sans révéler le contenu exact de cette nouvelle admonestation, le porte-parole a rappelé que Bruxelles entend réserver un « traitement égal » à la France et à l’Allemagne.
Paris a déjà reçu une nouvelle mise en demeure de Bruxelles qui l’autorise à ramener ses déficits sous les 3 % en 2005, à condition de faire davantage d’efforts d’assainissement budgétaire en 2004. Pour entrer en vigueur, les recommandations aux deux poids lourds de l’UE doivent être avalisées par les grands argentiers européens, qui vont en débattre lors de leur prochaine réunion les 24 et 25 novembre à Bruxelles.
« Un durcissement de la procédure » contre Berlin « serait déplacé compte tenu de la coopération de l’Allemagne », s’est écrié le ministre allemand des Finances, Hans Eichel, se départant de son attitude jusqu’ici très conciliante vis-à-vis de Bruxelles.
Refusant une application « mécanique » du pacte et une politique de trop grande rigueur susceptible d’étouffer la reprise naissante, M. Eichel s’appuie sur une interprétation juridique du pacte selon laquelle un État qui « coopère » pour assainir ses finances « ne devrait pas être soumis à des menaces de sanctions ».
Certains pays, comme les Pays-Bas et l’Autriche, de même que la Banque centrale européenne (BCE) sont prêts à apporter leur soutien à Bruxelles.

